Antonin Dvorak

(1841-1904) Epoque Romantique

Né le 8 septembre 1841 dans une bourgade de Bohême au nord de Prague, cet aîné de neuf enfants d’un boucher-aubergiste allait, dans le sillage de Bedrich Smetana, devenir le principal artisan de « l’Ecole nationale tchèque ». Et pourtant il dut d’abord se « germaniser », la maîtrise de l’allemand étant requise pour prendre la succession de son père. Mais ses dons musicaux lui permettent de suivre une formation de violoniste, et de jouer bientôt au sein de l’orchestre du Théâtre « Provisoire » de Prague, où il découvre tant les opéras de Smetana, sous la direction du compositeur, que ceux de Wagner (en cachette !).

Après divers succès teintés de patriotisme, c’est à un autre compositeur allemand que Dvořák doit la reconnaissance internationale : grâce à Brahms, il est publié par un grand éditeur, Fritz Simrock, qui lui suggère en outre de prendre ses fameuses Danses hongroises comme modèle de Danses slaves inspirées des rythmes et sentiments du folklore de son propre pays. Il séduit aussi le public britannique… et une mécène américaine qui parvient à lui faire accepter la direction du Conservatoire de New York ! De trois années « américaines », naîtront plusieurs chefs-d’œuvre – dont la Symphonie « du Nouveau Monde » – où d’autres héritages folkloriques se mêlent à sa profonde nostalgie tchèque. Revenu en Bohême en 1896, Dvořák compose encore trois opéras (dont Rusalka) et des poèmes symphoniques avant de s’éteindre le 1er mai 1904.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique