Dvorak Antonin – La biographie

(1841-1904) Epoque Romantique

Antonin Dvorak (Antonín Dvořák) avait entamé à l’âge de 13 ans un apprentissage pour devenir, comme son père, boucher ! Mais l’enfant de Bohême allait, dans le sillage de Bedrich Smetana, devenir le principal artisan de « l’Ecole nationale tchèque ».

 

Les dates essentielles de la vie de Dvořák

  • 1841 : naissance à Nelahozeves, petit village tchèque sur la Vlatva et proche de Prague
  • 1857 : il part étudier l’orgue à Prague
  • 1859 : il intègre l’orchestre de danse de Karel Komzák en tant qu’altiste
  • 1865 : il commence à donner des cours de piano aux filles d’un orfèvre praguois, Josefína et Anna Čermáková qu’il épousera en 1873
  • 1875-1877 : il perd trois enfants en bas âge
  • 1877 : il compose le Stabat mater
  • 1878 : Dvořák rencontre Brahms
  • 1878 : composition des Danses slaves
  • 1884 : premier voyage en Angleterre
  • 1892 : il part diriger le Conservatoire de New-York
  • 1896 : retour à Prague
  • 1901 : composition de Rusalka
  • 1904 : mort à Prague

Une enfance tchèque ordinaire sur les bords du fleuve Vltava

Antonín Dvořák n’est pas un enfant prodige : il ne compose pas de difficiles concertos pour piano et ne se produit pas en concertAntonín Dvořák est un garçon très ordinaire qui joue sur les bords du fleuve moldave, construit des barrages, chasse les grenouilles et aide son père à l’auberge. Il commence à l’âge de 13 ans un apprentissage pour devenir boucher comme son père.

Dvořák sera donc ainsi le seul compositeur de l’histoire de la musique à avoir été un boucher expérimenté ! Il apprend non seulement à aiguiser les couteaux et à pétrir les saucisses dans la ville de Zlonice, mais aussi à jouer de l’orgue avec son professeur d’allemand. Il devait en effet d’abord se « germaniser », la maîtrise de l’allemand étant requise pour prendre la succession de son père.

Ses dons musicaux lui permettent de suivre une formation d’altiste, et de jouer bientôt au sein de l’orchestre du Théâtre « Provisoire » de Prague, où il découvre tant les opéras de Smetana, sous la direction du compositeur, que ceux de Wagner (en cachette !). Plus il découvre ce nouveau monde mélodieux, plus il se détourne de sa vocation de boucher !

 

 

Des débuts difficiles : le long chemin du musicien vers le succès

Il ne reste plus qu’à convaincre son père de le soutenir dans ses nouveaux projets. Ce dernier l’autorise à devenir organiste. Sur la charrette d’un paysan, l’heureux Antonin Dvořák se rend dans la grande ville de Prague, où il fréquente une école d’organiste. Il y vit comme un moine.

En tant qu’organiste, il ne gagne pas un sou. Il joue soir après soir du violon dans des tavernes, où il ne reste que le temps de se procurer du pain et un repas. Et pourtant, Dvořák ne se décourage pas. Il découvre beaucoup de mélodies joyeuses et entraînantes et compose ses propres morceaux de musique.

À la grande contrariété des voisins, d’ailleurs, car Dvořák a beaucoup d’idées tôt le matin. Il se lève, à l’aube, et s’installe au piano, alors que les autres résidents de la maison ne souhaitent qu’une chose : dormir. C’est pourquoi Dvořák doit assez souvent déménager…

Il utilise ses premières compositions comme papier pour faire du feu. Son premier succès n’est que d’autant plus brillant : 300 voix chantent un hymne magnifique. Petit à petit, Dvořák ose désormais sortir de vieilles pièces de ses tiroirs, car il n’a bien sûr pas tout brûlé ! Et voilà que ça l’encourage !

 

Premiers succès encourageants qui nourrissent la créativité du compositeur

Le boucher du village de Nelahozeves commence à se faire connaître, tout d’abord à Prague. Mais sa mauvaise situation financière n’a pas évolué et Dvořák est, entre-temps, devenu père de famille et saisit toutes les occasions pour gagner quelques sous avec son violon. Il a perdu ses trois premiers enfants en deux ans.

Heureusement, Dvořák rencontre le célèbre compositeur Johannes Brahms qui l’aide. Peu à peu, la famille peut vivre des pièces que Dvořák réussit à vendre comme les Danses slaves, inspirées des rythmes et sentiments du folklore de son pays. La famille Dvořák quitte une arrière-cours lugubre et sale pour emménager dans un appartement spacieux et lumineux. Commence une vie plus heureuse.

Les œuvres jaillissent les unes après les autres comme la Suite tchèque, gracieuse et explosive ! Seuls ses opéra n’ont pas le succès escompté. Sa renommée se répand en Angleterre. Dvořák y donne des concerts. Les Anglais sont fous de sa musique! Il est surnommé le « lion de la saison musicale » !

 

Une invitation pour le « Nouveau Monde »: Dvorák prend la direction du conservatoire de New York

En provenance d’Amérique, une invitation arrive! Une mécène américaine parvient à lui faire accepter la direction du Conservatoire de New York ! Cela n’est jamais arrivé auparavant, un Tchèque invité en Amérique … Pour une somme considérable, Dvořák donne des cours au conservatoire et des concerts. La famille Dvorák accepte cette offre exceptionnelle.

De ces trois années américaines naîtront plusieurs chefs-d’oeuvre : son concerto pour violoncelle écrit après sa visite aux chutes du Niagara, mais surtout sa Symphonie n°9, dite « Du Nouveau Monde » qui intègre d’autres héritages folkloriques, en particulier les rythmes indiens et les mélodies noires, qui se mêlent à sa profonde nostalgie tchèque. Il devient une star à New-York !

De retour en Bohême en 1896, Dvořák compose encore trois opéras, dont Rusalka, et des poèmes symphoniques avant de s’éteindre le 1er mai 1904.