Piotr Ilitch Tchaïkovski

(1840-1893) Epoque Romantique

Né à Kamsko-Votkinsk le 7 mai 1840 dans une famille de la bourgeoisie industrielle – père ingénieur et mère descendant de l’aristocratie française – cet « enfant de verre », comme le surnomme sa nurse, frappé d’une extrême sensibilité, semble destiné à une carrière de juriste. A 22 ans, ne supportant plus cette vocation forcée, il décide de devenir musicien et entre au conservatoire. Il connaît bientôt ses premiers succès et entre en relations avec le « Groupe des cinq », partisans d’une école nationale russe qui lui reprochent son attachement aux Maîtres et aux grandes formes de la musique germanique (symphonies, concertos, quatuors…). Il n’a pourtant de cesse de clamer son patriotisme et écrit à son frère Modeste : « Je suis russe, russe jusqu’à la moelle des os ».

Deux femmes entrent dans sa vie : une ancienne élève, qu’il épouse pour faire taire en vain les rumeurs relatives à son homosexualité (le mariage sera annulé), et surtout la richissime Madame von Meck, qui va devenir son égérie et mécène. L’aisance financière que lui fournit cette liaison « épistolaire et platonique » lui permet de se consacrer entièrement à son art : viennent les grands chefs-d’œuvre (Eugène Onéguine, Sérénades pour cordes, ets…) et la reconnaissance tant internationale qu’en Russie (estime de la famille impériale). Il meurt cependant dans des conditions mystérieuses (choléra ou suicide par empoisonnement, commandé par un jury d’honneur) le 18 octobre 1893, douze jours après la création de sa Symphonie « pathétique », dont les accents résonnent à la manière d’un testament musical et spirituel.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.