Igor Stravinsky

(1882-1971) Epoque moderne

A l’instar de son contemporain Pablo Picasso, Igor Stravinsky est un génie protéiforme, traversant avec une insolente facilité les principaux courants du XXe siècle. Formé au Conservatoire de Saint-Pétersbourg par Rimsky-Korsakov, il fait la rencontre essentielle de son existence en la personne de Serge de Diaghilev, génial impresario des « Ballets russes » qui, impressionné par le prometteur Feu d’artifice, lui commande L’Oiseau de feu, son premier ballet. Il sera suivi de deux autres chefs-d’œuvre : le burlesque Pétrouchka et le tellurique Sacre du printemps dont la création (sous la direction de Pierre Monteux) au Théâtre des Champs-Elysées dans une chorégraphie de Nijinsky, le 29 mai 1913, se solda par un mémorable scandale. Après Renard et L’Histoire du soldat, fruits de sa collaboration avec l’écrivain suisse Ramuz, Stravinsky opère sa mue vers le néoclassicisme en composant notamment les ballets Pulcinella, Apollon musagète et Orpheus ou l’insolite Jeu de cartes.

Fêté aux Etats-Unis – et désormais citoyen américain -, il élit domicile à Los Angeles, à quelques encablures de son éternel rival, l’autrichien Arnold Schoenberg, exilé comme lui. A la mort de ce dernier en 1951, Stravinsky ne manquera pas de prendre tout le monde à rebrousse-poil en explorant les possibilités de la musique sérielle que Schoenberg avait théorisée dès 1923. En dépit de ses nombreux revirements stylistiques, son œuvre est en réalité d’une profonde unité. Par sa géniale invention rythmique, l’éclat de son orchestration et le constant renouvellement de son inspiration, elle aura bouleversé l’histoire de la musique.