Claude Debussy

(1862-1918) 20ème siècle

Achille-Claude Debussy est né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye dans un milieu modeste, son père (ancien marin militaire) tenant avec sa mère un petit commerce. Il ne fréquente pas l’école, mais lors d’un séjour à Cannes sa tante l’éveille à la musique et son compagnon à la peinture. De retour à paris, il apprends le piano avec une probable ancienne élève de Chopin (et belle-mère de Verlaine) puis entre au Conservatoire. Durant dix ans, il s’y montre rebelle tant avec son professeur d’harmonie, à qui il répond un jour « J’entends mon harmonie, mais non pas la vôtre », qu’avec Marmontel, son professeur de piano, qui le recommande cependant à l’illustre mécène de Tchaïkovski, en quête d’un précepteur musical pour ses enfants. Entre 1879 et 1882, il découvre ainsi les diverses résidences luxueuses de Mme von Meck, la musique russe et commence à composer. Prix de Rome en 1884, il revient de la Villa Médicis deux ans plus tard et connaît alors d’autres influences, à commencer par les opéras de Wagner, qui le marquent à jamais. Il s’enthousiasme aussi pour l’exotisme de l’Exposition universelle de 1889, l’Art nouveau et la musique sacrée ancienne. Ses premières pages pour piano (Petite suite, Arabesques et Suite bergamasque) se révèlent très séduisantes, et le premier concert entièrement consacré à ses œuvres – notamment son seul Quatuor à cordes – se tient le 1er mars 1894 dans une galerie de Bruxelles ornée de toiles récentes signées Gauguin, Sisley et Renoir…

Peu après est créé son Prélude à l’après-midi d’un faune, d’après un poème de Mallarmé. Ce plus bel exemple de l’impressionnisme en musique, même si Debussy se réfère plutôt à la littérature symboliste, fera l’objet d’une chorégraphie non moins novatrice par Nijinski en 1912. Entre-temps, se sont succédés Pelléas et Mélisande, unique tentative de transformer l’opéra en un genre poétique, et ses chefs-d’œuvre, aux couleurs et aux climats oniriques : Nocturnes, les trois « esquisses symphoniques » constituant La Mer, Images . Avant d’aller vers plus d’abstraction (Sonates, Etudes, Jeux), Debussy écrit ses merveilleux Préludes pour piano, « avant-propos éternel d’un propos qui n’adviendra jamais » (Jankélévitch). Atteint d’un cancer dès 1909, il doit continuer à faire face au manque de reconnaissance et aux soucis financiers en dépit de ses activités de critique – sous le nom de M. Croche – ou de chef d’orchestre (alors qu’il déteste la mise en scène d’une exécution publique). Il meurt le 25 mars 1918, avant la fin d’une guerre qui le consterne, mais entouré de sa seconde femme et de sa fille Chouchou, disparue l’année suivante.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.