Violon, violoncelle… Les instruments à cordes frottées

Violon, violoncelle, quelle est la différence ? Pourquoi un Stradivarius se vend-il si cher ? Et un alto, ça sert à quoi ? On vous aide à vous repérer dans tous ces instruments dits “ à cordes frottées”.

 

Guitare ou violon ? L’archet faite toute la différence entre les deux instruments

Quand on regarde un violon ou un violoncelle, on voit d’abord une caisse en bois avec des cordes. Comme une guitare. On serait presque tenté de se prendre pour Jimi Hendrix en tenant l’instrument en travers de notre ventre. Pas très pratique quand-même avec un violoncelle ! Question de taille… On y reviendra. On peut bien-sûr pincer les cordes d’un violon avec les doigts (pizzicato) mais le son dure peu de temps. C’est là qu’intervient l’archet, une baguette en bois légèrement arquée et pourvue d’une mèche en crin de cheval. En tenant l’archet de la main droite, on fait glisser la mèche sur les cordes. On peut ainsi tenir une note indéfiniment ou varier le caractère du morceau. En effet, si on joue fort ou doucement (les nuances), très lié (legato) ou au contraire très haché (piqué ou marcato), cela ne produira pas du tout la même impression sur l’auditeur. Grâce à l’archet, un musicien peut donc exprimer une palette infinie d’émotions !

 

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Violon, violoncelle, alto, contrebasse : vous êtes perdus ? Quelques différences vous aident à les reconnaître

Déjà, la taille. Par ordre croissant : violon, alto, violoncelle et contrebasse. La manière dont le musicien tient l’instrument est aussi un bon indice. Tenu en l’air en le calant entre le menton et l’épaule, c’est un violon ou un alto. En revanche, s’il est maintenu entre les jambes d’un musicien assis, vous avez affaire à un violoncelle. Enfin chaque instrument possède sa propre tessiture. Plus les cordes sont longues et grosses, plus l’instrument est imposant et peut descendre dans les graves. La championne à ce jeu est donc la contrebasse. Mais, avec sa main gauche, le musicien appuie sur la corde et ainsi la raccourcit. Un instrument grave peut donc aussi émettre un son aigu ! Pour combiner toutes les tessitures, il suffit de faire jouer différents instruments ensemble. C’est le principe du “quatuor à cordes”. Mais ne cherchez pas la contrebasse dans un quatuor… elle n’y participe guère. En revanche, vous y verrez un second violon.

 


Schön Rosmarin de Kreisler (M. Vengerov)

 

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Deux violons ne sont pas identiques, tous les musiciens vous le diront. Alors les instruments à cordes ont-ils une âme ?

Oui ! Quand un artiste raconte sa “rencontre” avec son instrument, on a parfois l’impression qu’il parle d’une véritable personne. De fait, chaque instrument a sa “personnalité”. Cela tient au fait que chacun d’eux est unique, fait à la main par un luthier. Un mystérieux élément, caché dans l’instrument, tient un rôle essentiel dans le son. C’est pourquoi on l’appelle l’âme. Ce petit cylindre en bois met en résonance le dessus (la table d’harmonie) et le dos de l’instrument. On peut l’apercevoir si on regarde à l’intérieur des ouïes, ces deux fentes en forme de S qui permettent au son de s’échapper. Parce qu’elle n’est pas collée, il arrive que l’âme se déplace lorsque la température extérieure fait jouer le bois. La sonorité en est alors altérée. Le luthier, fabriquant mais aussi “médecin” des instruments, doit dans ce cas la remettre en place.

 


La délicate étape du placement de l’âme, lors de la fabrication d’un violon

 

Stradivarius, Guarnerius, Goffriller : pourquoi ces instruments coûtent-ils si chers ?

La “personnalité” de l’instrument doit beaucoup à son créateur. Certes un violoncelle a toujours 4 cordes, et cette forme en sablier qui a inspiré aux écrivains une comparaison avec les courbes féminines. Mais la taille et les proportions peuvent différer très légèrement. Le choix du bois, son temps de séchage, la composition du vernis, font aussi partie de l’art du luthier. Certaines signatures suffisent à affoler le monde musical. Le violon Stradivarius “Lady Bunt” s’est vendu 11 millions d’euros en 2011 ! Comme Bartolomeo Guarneri del Gesù ou Matteo Goffriller, Antonio Stradivari est un luthier italien du début du XVIIIème siècle. Leurs instruments sont réputés pour leurs capacités extraordinaires. Comment ont-ils fait, le mystère demeure. Et donc fascine. Les artistes exceptionnels qui les ont joués, et parfois les événements tragiques dont ils ont été victimes (accidents, vols…), alimentent la légende de ces instruments hors pair… et font aussi monter les prix. D’autant que ces instruments restent rares. Peu de musiciens ont les moyens de les acquérir par eux-mêmes. Ils doivent souvent s’adresser à des fondations ou des collectionneurs privés. Les autres se rabattent sur des signatures moins prestigieuses, sur des instruments anciens non signés, ou encore sur d’excellents instruments de luthiers contemporains.

 

Les instruments électriques ont-ils droits de cité dans la musique classique ?

On en voit rarement. Tout simplement parce que l’interprétation en musique classique repose entre autres sur la capacité du musicien à produire une infinie palette de couleurs sonores. Lesquelles sont nettement plus réduites lorsqu’un violon est électrifié. Ce sont donc plutôt le jazz, la pop et le rock qui utilisent les instruments électriques. Ce qui n’empêche pas des musiciens de pop-rock d’avoir une formation de musique classique ! C’est le cas de Luka Šulić et de Stjepan Hauser, les violoncellistes du duo 2 Cellos.

 


2 Cellos (Stjepan Hauser et Luka Šulić)

 

Sixtine de Gournay

 

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