Un piano, ça marche comment ? 

Le piano fascine le public. Lang Lang ou Khatia Buniatishvili semblent dompter le clavier. Mais sous l’agilité visible des doigts, se cachent une mécanique précise. Un piano ça fonctionne comment ?

 

Le piano est-il vraiment plus facile à jouer que le violon ?

Quand on appuie sur les touches d’un piano, on entend aussitôt un son. Contrairement au violon, la note est forcément juste en elle-même. Les “fausses notes” signifient en réalité que le doigt a frappé la touche d’à côté. Il n’y a pas non plus la difficulté d’apprendre à tenir l’archet. Le piano est donc réputé plus facile à jouer. Encore faut-il être capable de « mettre 2 mains ensemble”, autrement dit de jouer deux mélodies totalement distinctes en même temps !

 

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Cela implique aussi de lire simultanément deux portées musicales, avec deux clés différentes (clé de sol pour la portée supérieure, clé de fa pour l’inférieur), quand la majorité des autres instruments n’en ont qu’une sur leur partition. Ajoutez à cela la vitesse d’exécution du morceau, les nuances, et enfin pour les plus doués le toucher, et on se rend vite compte que bien jouer du piano est beaucoup plus difficile que cela en a l’air… 

 

Le piano est une mécanique de haute précision de plus de 1.200 éléments

Le piano est dit “instrument à cordes frappées”. Pourtant, quand on regarde un piano, on ne voit pas de cordes ! Elles sont situées à l’intérieur de l’instrument. Elles sont tendues à l’horizontal pour un piano à queue mais verticalement dans un piano droit, pour que l’instrument prenne moins de place. On peut les voir quand on soulève le couvercle. Les 88 touches actionnent chacune un petit marteau qui vient frapper les cordes correspondantes (243 cordes métalliques en tout). Elles vibrent, et leur résonance est transmise par les chevalets au fond en bois qu’on appelle la table d’harmonie (souvent en épicéa, bois apprécié pour ses propriétés acoustiques), laquelle permet d’amplifier le son pour qu’on l’entende même à distance. Lorsqu’on relâche la touche, un morceau de feutre s’abaisse sur la corde et interrompt le son, c’est pourquoi on le nomme l’étouffoir. Certaines notes sont pourvues de 3 cordes, quand d’autres n’en ont qu’une ou deux. C’est là qu’interviennent les pédales ! La pédale douce est aussi appelée una corda car elle permet d’actionner une seule corde par touche. Le son est donc moins puissant. La pédale forte empêche les étouffoirs de venir se poser sur les cordes : elles continuent donc de résonner librement et plus fort… A utiliser tout de même avec précision car si on maintient longtemps la pédale forte enfoncée, toutes les notes finissent par se mélanger ! 

 


La mécanique du piano

 

 

Avant Yamaha, Sébastien Erard invente le double échappement et concurrence Pleyel

Avant le piano moderne, on connaît le clavecin puis le pianoforte. Les cordes du premier sont pincées, ce qui lui donnent ce timbre si particulier, alors que celles du second sont frappées. Avec le développement des salles de concert qui viennent concurrencer les salons privés, il faut augmenter la puissance sonore de l’instrument. Les pianistes se disputent les faveurs du public en rivalisant de virtuosité, et des compositeurs comme Beethoven ou Schubert cherchent à étendre les possibilités expressives du clavier.

 

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Les interprètes doivent néanmoins faire face à un problème technique : le marteau qui actionne les cordes ne revient pas assez vite à sa place, ce qui ralentit l’exécution des notes répétées et des trilles fort appréciés à l’époque. Le facteur de piano Sébastien Erard invente alors le procédé de double échappement : désormais, la vitesse des touches d’un piano n’a quasiment plus de limite ! Les pianos Erard sont réputés au XIXème siècle pour leur brillance et un son qui porte loin. Ce sont les instruments favoris de Liszt, qui devient l’égérie de la marque. Les pianos Pleyel sont en revanche défendus par Chopin, qui leur trouve une plus grande palette d’expression.

 

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Très répandu aujourd’hui, Yamaha fait son apparition plus tard. En 1887, Torakusu Yamaha commence à se plonger dans la mécanique des claviers. L’entreprise est fondée dix ans plus tard, et ses premiers pianos droits voient le jour en 1900. Aujourd’hui, la marque est leader sur le marché mondial aux côtés de Steinway et Bösendorfer. Elle produit pianos droits, pianos à queue et claviers numériques. 

 

Sixtine de Gournay

 

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