Franz Liszt

(1811-1886) Epoque Romantique

Né en 1811 à Doborján (Raiding), d’une mère autrichienne et d’un père hongrois, régisseur des domaines du prince Esterházy mais aussi violoncelliste persuadé du grand avenir musical de son fils, cet enfant prodige se rend à Vienne dès l’âge de dix ans pour étudier auprès de Salieri et du virtuose Carl Czerny. De 1823 à 1835, il vit principalement à Paris, se perfectionne avec Paer et Reicha. Au retour d’une tournée en Angleterre, son père meurt brusquement (1827) et Liszt pense une première fois entrer dans les ordres. Adopté par les salons parisiens, il se trouve cependant en plein cœur du romantisme, et se passionne tant pour les idées nouvelles – littéraires, esthétiques ou sociales – que pour les musiciens qu’il rencontre : Berlioz, qui lui ouvre la voie de la « musique à programme », Chopin, Paganini, dont la virtuosité de violoniste le fascine, au point de le pousser à découvrir d’autres possibilités techniques et expressives de son propre instrument. En 1834 commence sa liaison avec la comtesse Marie d’Agoult, qui lui donnera trois enfants, dont Cosima, future épouse de Hans von Bülow puis de Wagner. La société parisienne n’admettant guère cette union illégitime, Liszt entreprend une carrière de pianiste-virtuose qui le mène dans toutes les capitales européennes, et compose de brillantes pages à son usage.

En 1842, Liszt est nommé Kapellmeister extraordinaire de Weimar, où il va principalement se consacrer à la composition – y compris pour orchestre – sous l’impulsion de la princesse Sayn-Wittgenstein, devenue son égérie depuis un concert donné à Kiev en 1847. Il y crée aussi nombre d’œuvres de ses contemporains – du Lohengrin de Wagner en 1850 au Samson et Dalila (en allemand) de Saint-Säens[4] en 1877 – et prodigue conseils et encouragements à des musiciens d’horizons divers : Grieg, Borodine, Anton Rubinstein (qui s’inspire de sa technique pour l’enseignement du piano en Russie) ou bien encore le jeune Albéniz… Entré dans les ordres mineurs en 1865, Liszt partage ses dernières années entre Rome, pour son mysticisme, Weimar et Budapest, sa terre natale où il enseigne et contribue à la fondation de l’illustre Académie de musique. Il disparaît à Bayreuth le 31 juillet 1886, après avoir assisté à Parsifal et Tristan et Isolde.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.