Ludwig Van Beethoven

(1770-1827) Epoque Classique

D’ascendance flamande, son père comptait en faire un nouvel « enfant Mozart » et le produit en tournée en Rhénanie dès 1778, en trichant pourtant sur son âge. Mauvais pédagogue, il doit bientôt renoncer, et le jeune Beethoven peut heureusement poursuivre son éducation musicale et être présenté, à Vienne en 1792, par le comte Waldstein à Joseph Haydn, qui l’estime et lui donne des leçons. Il rencontre d’autres professeurs dans ce qui était alors la capitale de la musique où il se fixe désormais, suscitant vite l’admiration des aristocrates mélomanes. Concerts et joutes musicales le consacrent plus grand virtuose de Vienne, face à Clementi, Krommer ou Hummel.

Rongé par les atteintes de la surdité (« Testament de Heiligenstadt », en 1802), il se tourne davantage vers la composition. La création de sa 5e Symphonie marque le triomphe de Beethoven sur son propre destin lors de l’incroyable « Académie de musique » du 22 décembre 1808 à Vienne, où furent également créés sa Symphonie n°6 « Pastorale » – véritable manifeste de sentiments écologiques avant la lettre – son Concerto pour piano n°4, deux passages de sa Messe en ut et sa Fantaisie chorale ! C’est précisément à la fin de cette Fantaisie qu’émerge l’ébauche d’un autre thème essentiel de Beethoven, celui de « l’Ode à la joie » du finale de sa Symphonie n°9 – dont l’origine remonte à l’un de ses lieder, composé dès 1794, et même à un très ancien choral allemand perceptible dans un offertoire du jeune Mozart (K.222).

S’il a révolutionné l’art de la symphonie, Beethoven a également donné une nouvelle dimension à la musique de chambre, qu’il s’agisse de sonates pour deux instruments – l’immense Sonate « à Kreutzer », jamais joué par son dédicataire et relevant du « terrorisme artistique » selon un critique de l’époque –, de trios – le non moins démesuré Trio « à l’Archiduc » composé en 1811, la même année que la 7e Symphonie (dont l’Allegretto fut aussitôt « bissé »), et surtout de quatuors, réservant aux derniers, visionnaires, ses ultimes forces créatrices jusqu’à sa disparition le 26 mars 1827, dans sa cinquante-septième année…

Presque toute sa vie, Beethoven aura aussi écrit pour le piano : Sonatines « à l’Electeur », Variations « Diabelli », 32 Sonates et cinq Concertos pour piano et orchestre, le dernier bientôt appelé « L’Empereur », sans rapport avec Napoléon ni de raison certaine… si ce n’est son ineffable majesté.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique