Johannes Brahms

(1833-1897) Epoque Romantique

Issu d’un milieu modeste de Hambourg, Brahms, né le 7 mai 1833, commence très tôt sa vie de musicien en jouant dans divers bars et auberges où s’était aussi produit son père, contrebassiste. Il apprend plusieurs instruments mais brille surtout au piano, et se lance à vingt ans dans une tournée en compagnie du violoniste hongrois Edouard Reményi, dont le style « alla zingarese » lui inspirera ses Danses hongroises. Ces concerts le font connaître d’un autre violoniste influent, Joseph Joachim, mais aussi de Liszt, Berlioz et surtout Schumann, déjà persuadé de son génie. Sans doute amoureux fou de sa femme, Clara (il ne se mariera jamais), Brahms préfère quitter la famille Schumann peu après la mort du compositeur et rejoindre en alternance sa ville natale et la petite cour princière de Detmold. En proie au doute, il remanie maintes fois ses premiers chefs-d’œuvre, comme son Quintette avec piano, mais sa renommée grandit et en 1862, il part pour Vienne, sa ville d’adoption désormais. Il y dirige des chœurs – notamment le Wiener Singverein – et s’impose comme compositeur. Dépassant le romantisme exalté de ses premières pages, il se passionne pour l’étude des Maîtres du passé, tels Bach, Haendel, et Haydn, et parvient à une maîtrise absolue des grandes formes classiques. Tétanisé jusqu’alors par le modèle laissé par Beethoven, il s’attaque avec succès à la symphonie dans les années 1870. A la fin de sa vie, auréolé de gloire, il retourne vers la simplicité du piano seul, avec de brefs Intermezzi d’une rare profondeur, et la musique de chambre redécouvrant la mélancolie du timbre de la clarinette.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.