Jean-Sébastien Bach

(1685-1750) Epoque baroque

Issu d’une grande lignée de musiciens depuis le XVIe siècle, Jean-Sébastien Bach est né le 31 mars 1685 à Eisenach, non loin du lieu où Luther traduisit la Bible. Il compose ses premières cantates d’église dès 1707 en tant que qu’organiste et musicien de Mühlhausen, puis à partir de 1714, promu Konzertmeister à Weimar, où il était organiste et musicien de chambre depuis six ans. En décembre 1717, il entre au service du jeune prince d’Anhalt-Köthen. En tant que maître de chapelle de Köthen, il peut se rendre à Hambourg pour revoir Reincken, organiste quasi centenaire et mémoire de la musique allemande, Leipzig pour expertiser un orgue, Halle pour rencontrer Haendel… mais il le rate de quelques heures et ne le verra jamais. De retour d’une station thermale de Bohême où il a dû accompagner le prince, il apprend le décès de sa femme, sa cousine Maria Barbara. Soucieux de trouver une nouvelle mère pour ses quatre enfants (sur sept nés), il épouse bientôt une jeune et ravissante choriste, Anna Magdalena Wilcken, qui allait lui en donner treize autres. Calviniste, la cour de Köthen ne tolère à l’église que les psaumes. Bach se trouve donc dispensé de musique religieuse ou d’orgue, et se consacre à la composition d’œuvres pour clavier (notamment le Livre I du Clavier bien tempéré), de six Sonates et Partitas pour violon, de six Suites pour violoncelle, de sonates et concertos pour divers instruments. Six seront appelés Concertos Brandebourgeois car dédiés au puissant margrave de Brandebourg, peut-être dans l’espoir d’un poste à Berlin.

Mais en 1723, Bach est nommé cantor de Leipzig et revient essentiellement à la musique sacrée. Jusqu’à sa disparition, en 1750, il se retrouve donc chargé de l’enseignement à l’école Saint Thomas et doit surtout fournir chaque dimanche une cantate en alternance pour les deux églises de Leipzig. On lui doit ainsi près de 200 cantates conservées et la tradition, inaugurée peu avant, d’exécuter chaque vendredi saint une ample passion-oratorio retraçant les derniers jours de la vie du Christ. Deux seulement sur cinq nous sont parvenues : les Passions selon Saint Jean (créée en 1724) et selon Saint Matthieu (1727), plusieurs fois remaniées ensuite. La foi de Bach était si profonde que ses ultimes chefs-d’œuvre instrumentaux semblent aussi relever de la liturgie, tels L’Offrande musicale et L’Art de la fugue.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.