Être carriériste peut avoir du bon. À condition de ne pas brûler les étapes et de ne pas heurter la susceptibilité de son employeur. Ce que Jean-Sébastien Bach semble ne pas avoir pris en considération, au point de passer… par la case « prison » !
1714. Bach, organiste à la cour de Weimar, vient d’être nommée premier violon. Il aspire cependant à un poste plus prestigieux : celui de Kapellmeister, l’équivalent du chef d’orchestre dédié à une chapelle. Une fonction occupée de longue date par Johann Samuel Drese. Deux ans plus tard, en 1716, le souhait de Bach est sur le point d’être exaucé lorsqu’il apprend la mort de Drese.
Pourtant, rien ne se passe comme prévu : le poste lui échappe au profit du fils de Drese. Ce qui pousse notre cher compositeur à prospecter ailleurs et à accepter, sans toucher un mot au duc, un poste de Kapellmeister à la cour de Köthen.
Le vent tourne pour Bach
C’est ainsi que les ennuis commencent : pour prendre ses nouvelles fonctions, Bach doit demander un congé au duc de Saxe-Weimar – qui, dans les faits, était toujours son « employeur » – afin d’être libéré de ses obligations. Cette demande tombe toutefois dans l’oreille d’un sourd et après plusieurs relances, le vent commence à tourner pour notre cher compositeur.
En effet, en novembre 1717, les autorités viennent frapper à la porte du compositeur. Simple rappel à l’ordre ou moyen de pression pour convaincre le génial organiste de rester à Weimar ? Qu’importe, le voici mis aux arrêts : « Le 6 novembre, Bach, jusqu’alors maître de concerts et organiste de la cour, a été, en raison de son attitude entêtée et du congé qu’il sollicite avec obstination, arrêté en la salle de justice ; le 2 décembre, le secrétaire de la cour lui a enfin notifié son congé, après lui avoir signifié sa disgrâce, et Bach a été libéré de ses arrêts » peut-on lire dans les archives de la ville.
L’occasion pour lui de composer un chef d’oeuvre ?
Un séjour en prison relativement court et dont on ne sait, finalement, pas grand-chose. Pour l’universitaire et ancien directeur des Archives de Bach de Leipzig, Christoph Wolff, ce serait derrière les barreaux que Bach aurait trouvé « l’impulsion » nécessaire pour entamer la composition de l’une de ses œuvres phares : Le Clavier bien tempéré.
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Chef-d’œuvre dont il achèvera le premier livre en 1722. Soit un an avant que Bach ne quitte ses fonctions de Kapellmeister à Köthen pour celles de Kantor à Leipzig. Et cette fois-ci, sans fausse note !
Clément Serrano
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