Derrière le génie musical de Bach, une structure mathématique « efficace » et des notes qui s’enchaînent « logiquement », selon une étude

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Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie ont analysé des centaines d’œuvres de Jean-Sébastien Bach. Selon les conclusions de leurs travaux, la structure méthodique des œuvres du Cantor de Leipzig se révèle particulièrement efficace pour une perception agréable à l’oreille.

Le débat sur la musique très « mathématique » de Jean-Sébastien Bach n’est pas nouveau. Le compositeur allemand ne signait-il pas musicalement ses œuvres des quatre notes composant son nom ?

Dès le milieu du XVIIIe siècle des scientifiques allemands se sont penchés sur les « préoccupations numérologiques » du compositeur et sa maîtrise de la technique du contrepoint. 2000, décrétée année mondiale des mathématiques et qui célébrait le 250e anniversaire du compositeur allemand, fut même décrétée « année Bach ».

Au-delà de ce débat, une équipe de scientifiques de l’Université de Pennsylvanie s’est intéressée au rapport entre la structure des compositions de JS Bach et la facilité de leur perception par le public. Pour cette étude (« Contenu informatif des transitions de notes dans la musique de JS Bach »), l’équipe de la chercheuse Suman Kulkarni a analysé des centaines de préludes, fugues, chants, toccatas, concertos, suites et cantates.

« Une communication efficace des informations »

Il ressort des résultats des travaux de ces chercheurs que, dans le répertoire de Bach, les notes s’enchaînent « assez logiquement », ce qui facilite leur perception.

Ainsi, par exemple, « les œuvres chorales sont des pièces simples dont la prévisibilité implique un faible contenu informatif, tandis que les toccatas et les préludes, destinés à divertir et à surprendre, communiquent une richesse d’informations par leur complexité ». Ce qui suggère, selon l’étude que ces compositions sont structurées pour « une communication efficace des informations  ».

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L’équipe de Suman Kulkarni compte désormais affiner le développement informatique de la perception humaine afin d’aider les compositeurs dans leur processus d’écriture.

Elle note que des approches similaires pourraient être appliquées à d’autres formes d’art, telles que la littérature, pour analyser leur contenu informationnel et leur capacité d’apprentissage.

Philippe Gault

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