Les concerts classiques créent une harmonie entre les spectateurs, selon une étude suisse

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Un public en parfaite symbiose lors des concerts classiques ? Une nouvelle étude de la revue Scientific Reports montre que le rythme cardiaque et la respiration des spectateurs s’alignent en écoutant de la grande musique. 

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le corps est « toujours impliqué » lorsque l’on parle de « choses abstraites comme des expériences esthétiques », face à l’art et la musique par exemple. Cette théorie de la « cognition incarnée » est au coeur de l’étude menée par l’équipe de chercheurs de Wolfgang Tschacher, psychologue à l’Université de Berne.

Pour ses recherches, elle a observé 132 spectateurs au total (dont 58,5% de femmes et d’une moyenne d’âge de 46 ans), durant trois concerts de musique classique.

Les caméras ont enregistré une synchronisation des mouvements corporels

Les trois mêmes quintettes à cordes étaient à chaque fois joués, de Ludwig van Beethoven, Johannes Brahms et du compositeur australien contemporain Brett Dean.

Photo Phil Dera/nature.com

Les auteurs de l’étude ont utilisé des caméras et des capteurs portatifs, dont ils ont équipé les participants. Ceux-ci ont rempli des questionnaires sur leur personnalité avant le concert, puis à la sortie, pour savoir s’ils l’avaient apprécié et comment ils se sentaient.

Les chercheurs ont constaté une synchronisation significative sur plusieurs données: le rythme cardiaque des participants devenait plus rapide ou plus lent durant les mêmes passages musicaux, tout comme leurs niveaux d’activité électrodermale (l’activité électrique enregistrée à la surface de la peau).

Les parades militaires ou festives aident à créer de la cohésion

Lorsque l’activité électrodermale est haute, cela peut indiquer un état d’excitation, et peut être lié au fait d’avoir la chair de poule. Lorsqu’elle est basse, cela indique un état de relaxation. Les caméras ont également enregistré une synchronisation des mouvements corporels, même dans une faible lumière et alors que les participants étaient éloignés les uns des autres à cause des mesures liées à la pandémie de Covid-19.

Les personnes « ouvertes à de nouvelles expériences » ont davantage de chance d’entrer en harmonie avec les autres. A l’inverse, « une personne qui tend à avoir peur, éviter des choses, être plus déprimée », selon les mots de Wolfgang Tschacher, est moins susceptibles de s’aligner.

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Pour Wolfgang Tschacher, ces résultats vont dans le sens de la théorie de la cognition incarnée, et aident aussi à expliquer pourquoi les parades militaires ou festives aident à créer de la cohésion. 

Philippe Gault (avec AFP)

 

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