Camille Saint-Saëns : la mort de ses deux fils, le drame qui a failli rendre fou le compositeur

MARY EVANS/SIPA

La vie intime de Camille Saint-Saëns reste l’une des plus discrètes de toute l’histoire de la musique. À la différence de Wagner, Chopin ou Liszt, dont les amours ont été très exposées et ont fait l’objet d’innombrables échos, il a toujours tenu sa vie privée à l’écart des regards, marquée par des drames terribles, des secrets et des mystères. 

 

Après avoir éprouvé un béguin pour Marie Reiset, pianiste, compositrice et cantatrice, future comtesse de Grandval, à qui il avait dédié plusieurs mélodies, Camille Saint-Saëns s’éprend d’Augusta Holmès, également compositrice et sa cadette de douze ans. Il la demande en mariage, en vain. Elle lui préférera la compagnie du romancier Catulle Mendès.

Finalement, à 40 ans, il épouse Marie-Laure Truffaut, qui a 21 ans de moins que lui. Car il faut le dire : Saint-Saëns n’a jamais connu son père, et il entretient avec sa mère une relation d’une intensité hors du commun — il n’a jamais coupé le cordon ombilical. Sans vergogne, il impose à sa jeune épouse la présence permanente de Madame Saint-Saëns mère, dont le comportement possessif ne laisse guère de place à la belle-fille.

Le fils aîné de Camille Saint-Saëns échappe à la surveillance des adultes

Celle-ci parviendra pourtant à donner naissance à deux garçons. Mais le destin s’acharne : l’aîné échappe à la surveillance de sa mère et de sa grand-mère, et tombe du deuxième étage. Quant au cadet, il n’a pas sept mois lorsqu’il succombe à une pneumonie foudroyante.

Plutôt que de réconforter Marie-Laure, Saint-Saëns choisit alors de prendre ses distances. Il se détourne de la vie parisienne, s’étourdit dans le travail et les destinations lointaines. C’est à ce moment qu’il perd la foi et voue la religion aux gémonies.

Saint-Saëns disparaît pendant plusieurs mois

Trois ans après ce double deuil, au cours d’un séjour à La Bourboule, il quitte sa femme sans sommation et disparaît pendant plusieurs mois. On le croit mort, on le dit interné en asile d’aliénés. Il est en réalité au Maroc, sous un nom d’emprunt. Il ne divorcera jamais, versera une pension à Marie-Laure pour le restant de ses jours, mais ne la reverra plus jamais, et vivra désormais avec sa mère.

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Est-ce qu’il fut homosexuel ? C’est possible, mais rien n’est prouvé. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il souffrit de cet attachement maternel. Et lorsque sa mère mourut, il fut dévasté — et multiplia encore les voyages, pour tenter de se perdre.

Franck Ferrand

 

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