La vie du pianiste virtuose Camille Saint-Saëns reflète un XIXe siècle fait de guerres et de transition culturelle. Franck Ferrand vous raconte ce compositeur de génie, dont le destin est marqué par des tragédies, mais aussi des zones d’ombres. Frappé par la défaite de 1870, ce nomade fera rayonner la culture française au-delà des frontières.
À la salle Pleyel, le 6 mai 1846, afflue toute une foule élégante de la monarchie de Juillet qui s’empresse pour entendre un jeune prodige de dix ans qui va interpréter le Concerto pour piano n°6 de Mozart. On dit d’ailleurs qu’il joue ce concerto avec des cadences qui lui sont tout à fait personnelles. À l’occasion, il va également jouer le Concerto n°3 de Beethoven, tout ceci complété par des œuvres de Bach, Haendel…
Une réputation avantageuse a précédé ce jeune pianiste issu de la bourgeoisie. On ne bruisse que de ses talents et de ses prouesses dans les salons de la capitale. On le dit capable de transposer à vue les partitions les plus complexes.
Camille Saint-Saëns, un enfant prodige présenté au roi Louis-Philippe
On dit aussi que Camille Saint-Saëns sait ébaucher de courts morceaux d’orchestre sans jamais avoir reçu la moindre notion pour ce faire.
Bref, en ce jour de printemps 1846, Camille Saint-Saëns se présente devant un public qui attend beaucoup. C’est la première fois qu’il se produit en concert et ce moment va être un succès unanimement salué par la presse et qui lui vaut d’être invité aux Tuileries pour jouer devant le roi Louis-Philippe et sa famille.
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Trois ans plus tard, l’adolescent va laisser tomber la littérature et les sciences auxquelles il accordait beaucoup de temps pour se consacrer désormais exclusivement à la musique. Il s’inscrit au Conservatoire : il sait pertinemment quel sera son destin.
La suite, c’est Franck Ferrand qui vous la raconte…