Georg Philipp Telemann

(1681-1767) Epoque baroque

Le statut de Georg Philipp Telemann demeure peu enviable de ce côté-ci du Rhin : la production entière de notre homme y reste couramment reléguée comme « aimable », « répétitive » et, de surcroît, d’une abondance suspecte. Pour couronner le tout, la postérité ne lui pardonne pas d’avoir été, en son temps, plus célèbre que Johann Sebastian Bach (et même Georg Friedrich Haendel), qu’il connut personnellement. Telemann se révèle pourtant un représentant incontournable de l’ère baroque allemande à son apogée. Ses nombreuses cantates, ses quelque cent oratorios dont Le Jugement dernier, quarante-quatre Passions, quarante opéras dont La Patience de Socrate, ainsi que son exceptionnelle longévité font de lui le compositeur le plus fécond de toute l’histoire de la musique.

Né à Magdebourg, c’est principalement à Hambourg que ce fils de pasteur mène l’essentiel de sa carrière, écrivant dans tous les genres avec une étonnante facilité et une remarquable diversité. Pionnier du classicisme, il ouvre la voie à Haydn et Mozart en s’illustrant dans le genre du quatuor à cordes. Les nombreux exemples de styles français et italiens que l’on trouve dans sa musique attestent de l’hospitalité de sa muse. Telemann, à sa manière, a cultivé les « goûts réunis » chers à François Couperin, avec une gourmandise que ne désapprouvera pas la fameuse Tafelmusik (« Musique de table »), équivalent germanique des Symphonies pour les soupers du Roy de notre Delalande. Le renouveau baroque des dernières années a permis de lever le voile sur une grande partie de son catalogue, même si beaucoup d’œuvres restent encore à découvrir.