LULLY Jean-Baptiste – La biographie

(1632-1687) Epoque baroque

S’il est un compositeur qui symbolise les fastes de Versailles, il s’agit bien de Lully. Venu d’Italie, il a réussi à gravir les échelons de la Cour, jusqu’à être nommé surintendant de la musique royale, et à régner, sans partager sur les plaisirs musicaux de Louis XIV.

 

Lully en 10 dates :

1632 : Naissance à Florence

1646 : Arrivée en France

1653 : Ballet royal de la nuit (il danse avec le Roi)

1661 : Naturalisé français, il devient Lully

1664 : Début de la collaboration avec Molière

1673 : Cadmus et Hermione (première tragédie en musique)

1676 : Atys (création à St Germain en Laye)

1683 : Phaéton (création à Versailles)

1686 : Armide (création à Paris) et Acis et Galatée (création au château d’Anet)

1687 : Mort à Paris

 

Une enfance florentine dans une famille modeste

La famille Lulli produit de la farine, le père et le grand-père maternel sont meuniers, un métier que Giambattista n’exercera pas. Il est doué pour la musique et la danse. Mais il y a peu d’informations sur son apprentissage à Florence. En tout cas il est connu de la cour florentine et lorsque le chevalier de Guise, de passage après un périple en Italie, le choisit pour devenir le répétiteur d’italien de Mademoiselle de Montpensier, seconde dame du Royaume, cela ne peut être par pur hasard, mais sur les recommandations de l’entourage du Grand-Duc de Toscane.

 

Une ascension rapide à la Cour

Voilà donc Lulli à Paris, à quatorze ans, placé en bas de la hiérarchie des domestiques de la Maison de la Grande Mademoiselle. Mais il apprend à jouer de la guitare et du violon, et se fait remarquer pour ses talents de danseur. Il reste au service de Mademoiselle pendant sept ans, traversant la période de la Fronde, et bénéficiant des leçons du musicien pédagogue Michel Lambert, qui restera longtemps auprès de Lulli sans aucune brouille et deviendra même son beau-père. En 1653 Lulli quitte Mademoiselle pour rejoindre les artistes italiens auprès de Mazarin, grand amateur de musique et d’opéra. Et sa chance est dès cette première année à la Cour de danser avec le Roi Le Ballet Royal de la nuit, un spectacle inouï d’une longueur exceptionnelle, composé par plusieurs musiciens, dont Lambert. Lulli joue cinq rôles et se fait remarquer par son style personnel plutôt bouffon. Un mois plus tard le Roi le nomme compositeur de sa musique instrumentale. Comprenne qui pourra, car son succès de danseur ne le prédisposait pas à un tel poste. Dès lors sa carrière est lancée et rien ne l’arrêtera plus.

 

Huit ans avec Molière

La réunion de la comédie et du ballet est une invention commune de Molière et Lully qui en 1664 donnent Le Mariage forcé, puis à Versailles encore en friche Les Plaisirs de l’Ile enchantée, sommet baroque qui magnifie la gloire du Roi. La collaboration avec Molière se poursuivra plusieurs années jusqu’au Bourgeois gentilhomme et à Psyché, qui marque la rupture entre les deux Baptiste, au détriment de Molière, désormais abandonné par le Roi et qui meurt en scène peu de temps après.

 

Son librettiste Quinault lui écrit presque tous ses opéras

C’est après la rupture avec Molière, que Lully se consacre aux opéras, avec Philippe Quinault, qui devient son librettiste attitré. Il reprend l’Académie royale de musique et sur lettre patente du Roi détient le monopole de l’opéra en France. Sa position est alors extraordinaire et son pouvoir absolu. Il est surintendant de la musique et contrôle toutes les œuvres de « théâtre en musique ». Sa première tragédie lyrique avec Quinault est Cadmus et Hermione, une histoire d’amour inspirée des Métamorphoses d’Ovide, comme le seront aussi d’autres sujets d’opéras du duo Lully-Quinault. Atys est créé à Saint-Germain-en-Laye et le Roi en fait son opéra favori. La composition musicale en est très ingénieuse, rompant avec l’alternance récitatifs-airs pour adopter une ligne de chant beaucoup plus modulée, variée, à mi-chemin entre les deux. Phaéton un peu plus tard donnera à l’orchestre une place plus importante, accompagnant les airs d’une façon très puissante, pour ce récit du fils du Soleil !

 

Derniers opéras

La dernière œuvre commune du duo est Armide qui représente sans doute le meilleur de leur production. L’air célèbre de l’acte II deviendra la référence absolue des grands successeurs, tel Rameau, par la réussite dramatique d’une musique totalement imprégnée du sens du texte de la tragédie. Enfin Acis et Galatée, une pastorale donnée au château d’Anet (le château de Diane de Poitiers) l’été 1686, pour des fêtes princières en l’honneur du Dauphin, sera sa dernière œuvre, plus légère mais avec des airs superbes chantés par Galatée et un orchestre très présent.

 

Une mort stupide

Fin 1686, Lully fait jouer son Te Deum pour la guérison du Roi malade. Il dirige lui-même les cent cinquante musiciens. Hélas il se donne un coup de canne sur le pied. Mal soigné, il meurt trois mois plus tard à Paris. Il est enterré à l’Eglise Notre Dame des Victoires.

 

Philippe Hussenot