On ne peut pas dire que la mort de Jean-Baptiste Lully fut de tout repos. Les dernières exigences du compositeur ont fait de sa sépulture un lieu de vie où celui qui fut nommé « Surintendant de la Musique de Chambre du Roy » continuait, même dans l’au-delà, de battre la mesure.
C’est dans un caveau de la Basilique Notre-Dame-des-Victoires de Paris, que repose la dépouille de Jean-Baptiste Lully. Sur l’imposant monument funéraire érigé par sa femme en 1688, un texte gravé à sa mémoire, accompagné de sa dernière volonté : celle d’honorer sa mémoire tous les jours par une Messe qui doit être célébrée à 11 heures précises : « Il a fondé une Messe à perpétuité, qui se doit célébrer tous les jours à onze heures dans cette chapelle et pour l’exécution de cet article de son testament MAGDELEINE LAMBERT sa femme en a passé contrat devant Moulineau & Mouffle, Notaires à Paris ; le 28. Mai de la même année. » Nul ne sait combien de temps cette célébration fut observée.
Ce que l’on sait en revanche, c’est que le tombeau de Lully, lui, ne fut pas oublié de sitôt : en 1796, Paris est alors pris dans la tourmente révolutionnaire. Les lieux de culte sont saccagés, les tombes pillées, les biens de l’Eglise volés, et c’est par souci de prévention que le tombeau de Lully est transféré au Musée des Monuments Français, lieu de refuge et de mémoire de tout un pan de l’Histoire française.
Une nouvelle affaire vient troubler le repos de Lully
Il faut attendre la Seconde Restauration, le 15 mars 1817, pour que le tombeau de Lully soit rendu à la Basilique, mais à un endroit différent de là où il fut érigé – un portrait de Lully, fait de marbre blanc, y fut mis en lieu et place.
Hélas, une nouvelle affaire vient troubler le repos du compositeur et celui de sa famille : en 1871, un détachement de communards ayant entendu parler d’un trésor caché dans la Basilique, décide de prendre d’assaut l’édifice. Après plusieurs fouilles, ils auraient découvert que le fameux trésor était en réalité… caché dans le caveau de la famille Lully : « Arrivés au caveau de Lully, ils n’eurent pas de peine à découvrir la cachette. Ce fut avec des cris et des hourrahs de joie, que ces vandales virent apparaitre au jour, les calices et les ciboires enrichis d’émaux et de pierre précieuses […], une quantité de bracelets, de bijoux, de colliers, de pierres précieuses […] Ce caveau renfermait toutes les richesses de l’église ; évaluées approximativement à une somme de deux cent cinquante à trois cent mille francs. » rapporte l’Abbé Edmond Lambert dans Histoire de l’Eglise de Notre-Dame-des-Victoires.
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Quant aux ossements de la famille, tout semble indiqué qu’ils aient été dispersés au cours de ce raid : « Plusieurs personnes ont cru que les ossements profanés par les déférés étaient exclusivement ceux des anciens religieux ; c’est une erreur […] Avec ces ossements, les communards profanèrent les restes des anciennes familles déposés dans les autres caveaux », poursuit l’Abbé Lambert. Parmi la liste, un nom revient : celui de la famille Lully. Seul le monument funéraire, déplacé quelques années plus tôt dans une autre chapelle, fut épargné, et reste, encore aujourd’hui, accessible au public.
Clément Serrano
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