C’est pour lui donner une éducation républicaine que le citoyen et la citoyenne Simon sont nommés auprès de Louis XVII.
Le 3 juillet 1793, il fait un grand soleil sur le Paris révolutionnaire. Des hommes s’affairent à charger de quelques sacs une belle voiture arrêtée sur le faubourg Saint-Germain, au pied d’un modeste immeuble. Une femme de 46 ans vérifie que tout est en ordre. Elle s’appelle Marie-Jeanne Simon et s’apprête à déménager, avec son mari, dans un nouvel appartement beaucoup plus fastueux.
Leur nouveau logis est libre depuis que ses anciens occupants ont été guillotinés, six mois auparavant. Ce sont les appartements du défunt roi Louis XVI, situé au deuxième étage de la tour du Temple, au milieu de la lugubre prison du Temple que vont occuper Marie-Jeanne et son mari. Leurs voisins seront les autres membres de la famille royale, qui y sont toujours enfermés, parmi lesquels le jeune dauphin de dix ans.
Empêcher son rétablissement sur le trône
C’est pour s’occuper de lui que le couple a été choisi. Deux jours plus tôt, la Convention nationale avait demandé à la Commune de Paris de désigner des instituteurs républicains pour celui qui, aux yeux de tous ceux qui croient aux traditions, est l’héritier du trône de France, le roi Louis XVII.
Depuis six mois, la Convention est parvenue à déjouer toutes les tentatives qui visaient à faire évader le petit garçon et à le rétablir sur le trône. Pour rendre impossible cette solution, elle a décidé de faire du petit Louis-Charles un bon républicain. Ainsi, c’est le couple Simon qui a été choisi pour lui servir d’éducateurs.
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Le mari, cordonnier de profession, est un proche du nouveau procureur de la commune, qui a pu témoigner toute sa confiance dans son républicanisme. La citoyenne Simon, quant à elle, est réputée excellente ménagère et très bonne cuisinière. En éloignant le fils de Louis XVI de sa famille, les Simon poursuivent un objectif : « lui faire perdre l’idée de son rang ».
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