1789 : La Comédie française, théâtre de la Révolution

Istock

Parmi les institutions secouées par la Révolution, la Comédie française aura été, peut-être, la plus emblématique. Très vite, elle a été coupée dans son élan. Entre les comédiens surnommés « noirs », tenants de la tradition, et ceux qui s’appelaient « rouges », amoureux des idées nouvelles, la Comédie devient un véritable théâtre de la Révolution.

En 1789, au début de la révolution, la salle de la Comédie française se trouve sur la rive gauche, sur le faubourg Saint-Germain. Le 4 novembre 1789, l’ambiance est à la nervosité et à l’excitation.

Les spectateurs s’installent devant la scène des comédiens du Roi, certains tous frémissants, d’autres nettement crispés. Un scandale couve. On s’apprête en effet à jouer une tragédie de Marie-Joseph Chénier validée par la troupe un an plus tôt, mais qui pendant longtemps a été interdite par la censure royale et.

Et pour cause, L’œuvre traite d’un sujet d’histoire assez sensible, le massacre de la Saint-Barthélemy. L’œuvre traite en particulier des errements du jeune roi Charles IX, coupable du sang protestant versé.

La Comédie française dénonce l’obscurantisme et l’arbitraire de l’absolutisme

Puisque la révolution est passée par là, la Comédie française a été placée dans le giron du maire de Paris. L’interdit de cette manière-là a pu être levé. On peut dire que la Comédie française, qui a été créée sous Louis XIV, et qui est protégée depuis par de grands privilèges, va se mettre en marche pour dénoncer l’obscurantisme et l’arbitraire.

C’est ce qu’espère en tout cas une partie du public. Enfin, se dit-on, elle va faire un usage courageux des libertés nouvelles.

Le jeune et charismatique François-Joseph Talma se fait remarquer dans le rôle audacieux de Charles IX

Les comédiens paraissent sur la scène. L’un d’eux se fait beaucoup remarquer. Il a 26 ans, il s’appelle François-Joseph Talma, c’est un beau brun ténébreux, viril, aux traits expressifs. Il capte tout de suite l’attention du public. C’est lui justement qui joue avec charisme le rôle audacieux de Charles IX.

Il a eu le courage de demander ce rôle après qu’un autre acteur de la troupe l’avait décliné. Le jeune acteur brûle les planches. Sa vigueur et sa modernité le portent. Il donne des accents de vérité aux déficiences de ce personnage perdu par l’intolérance et déchiré par le remord.

À lire aussi

 

Viennent les derniers vers, les terribles soupirs qui, en 1789, sont loin d’être neutres.

Franck Ferrand vous raconte la suite…

Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte

Vous avez aimé cet article ?

Téléchargez l'application
et prolongez l'expérience avec nos webradios musicales.

Téléchargez l'application