Un juif baptisé et enlevé : L’affaire Mortara, un scandale pontifical

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Le mercredi 23 juin 1858, à Bologne, une des principales villes des États pontificaux, Edgardo Mortara, un garçonnet juif de 6 ans ondoyé à son insu, est enlevé par les autorités papales. Franck Ferrand vous raconte l’affaire Mortara, devenue scandale d’État.

En cette fin de soirée du 23 juin 1858 à Bologne, une troupe d’agents de police entre dans le quartier juif de la ville. Arrivés devant la maison de marchands au 196 via delle Lame, ils frappent à la porte de façon insistante. La bonne ouvre la porte et la police demande à rencontrer le père de famille, le signor Mortara.

Seule la mère est là, avec ses 8 enfants. 4 hommes pénètrent dans le salon et précisent à madame Mortara qu’ils veulent parler à tous les enfants de la famille. Interloquée face à l’insistance du maréchal de police, madame Mortara obéit.

L’étrange confession d’une bonne qui a déclenché l’affaire Mortara

Ils réveillent leurs huit enfants (les jumelles Ernesta et Erminia 11 ans, August 10 ans, Arnoldo 9 ans, Edgardo 6 ans, Ercole 4 ans et le bébé Imelda) et s’emparent d’Edgardo, six ans et dix mois, en annonçant aux parents que l’enfant a été ondoyé secrètement par leur ancienne employée, Anna Morisi (habitant à Persiceto).

Le commandant de police déclare : « J’ai le regret de vous annoncer, Madame, que vous êtes victime d’une trahison. J’ai reçu l’ordre d’emmener votre fils avec moi ». La mère se jette entre son fils et les policiers mais ils quittent le domicile, accompagnés d’Edgardo.

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Le lendemain, le père se rend au siège du cardinal légat de la ville pour comprendre la situation et récupérer son fils. Quelques jours plus tôt, une femme serait venue confier au cardinal que, 5 ans plus tôt, alors employée dans le domestique de la famille Mortara, l’enfant s’était trouvé extrêmement malade. En tant que bonne chrétienne, elle lui avait fait donner discrètement le baptême, de peur que l’enfant meure sans avoir connu la foi catholique.

Franck Ferrand vous raconte cette histoire vraie qui a inspiré le film « L’Enlèvement » de Marco Bellochio