La reine Claude : Le destin inouï d’une petite boîteuse boulotte

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Fille du roi Louis XII, épouse de François Ier et mère d’Henri II, Claude de France a connu une existence aussi fulgurante que discrète. Éclipsée par les grands noms de la cour de France, dénigrée et méprisée pour son apparence ingrate, la reine Claude, « la bonne reine » subsiste dans la mémoire collective sous la forme d’un fruit au parfum sucré.

Nous sommes en 1514 aux abords de la chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye. Une petite foule vêtue de tenues noires et de voiles sombres se presse vers le bel édifice gothique qui a été bâti plusieurs siècles avant cela par Saint-Louis.

À l’intérieur, l’atmosphère baignée d’une lumière délicate est assez lugubre voire funèbre. Va-t-on assister à des obsèques ? En dépit des apparences, c’est un mariage qui se prépare, et pas n’importe lequel : celui de Claude de France, la fille aînée du roi Louis XII qui a 14 ans, avec son cousin François d’Angoulême, qui en a presque 19 et deviendra très vite le roi François Ier.

Un mariage en clair-obscur sur fond de deuil de la Reine Anne de Bretagne

Si, pour reprendre la formule d’André Castelot, « il n’y a ni joute ni trompette, ni ménestrel » pour célébrer cette noce, c’est que la Cour est encore en grand deuil. On porte le deuil de la mère de la mariée, la Reine Anne de Bretagne qui, quelques mois plus tôt, a été emportée lors d’un hiver très rigoureux.

Sous les voûtes de la chapelle, le jeune François est rayonnant. Il est aussi athlétique et désirable que sa fiancée présente une allure ingrate – certains diront repoussante.

André Castelot écrit : « La jeune fille savoure son bonheur malgré sa robe de deuil. Elle contemple avec admiration cet homme aimé par toutes les femmes de France et qui devient son mari. Vêtu d’un pourpoint de Damas noir incrusté de velours, François regarde à peine cette femme-enfant que la politique lui impose. »

« Un vrai miroir de pudicité, de sainteté et d’innocence »

Sans aucun doute, il n’éprouve pas un extrême désir à l’idée de serrer dans ses bras cette petite boiteuse boulotte qui est pourtant, d’après la chronique d’Anjou, « un vrai miroir de pudicité, de sainteté et d’innocence ». Dans l’assistance, les regards sont un peu incrédules face à cette mariée en noir qui traîne un peu la jambe. Donnera-t-elle au moins une descendance au Royaume ?

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On prête au futur souverain cette méchante confession, qui sans doute relève de la légende : « J’estime certes cette fille du roi, mais je ne pourrai jamais l’aimer. Rien dans sa personne ne me séduit. Mais qu’importe, je la veux cet enfant, question d’État. Pour l’amour, il est d’autres prés où, sans presque me baisser, j’aurais tout loisir de cueillir à foison les plus capiteuses corolles. »

La suite, c’est Franck Ferrand qui vous la raconte…

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