Révolution des Œillets : Il y a 50 ans au Portugal, une armée fleurie renversait la dictature

GINIES/SIPA

Issue d’un putsch militaire contre la guerre coloniale, où la Révolution des œillets s’arrêtera-t-elle ?

Le 24 avril 1974, à 22h55, retentit sur les ondes de Rádio Clube Português la chanson « Et après l’adieu ». Musique d’amour en version symphonique, avec des arrangements disco, elle a été présentée la même année à l’Eurovision par le Portugal. C’est le signal qu’attendait le major Carvalho pour déclencher son coup d’Etat contre la dictature, en place depuis 1933 et dirigée par Marcelo Caetano.

A 00h20, c’est au tour de la chanson Grândola Vila Morena, musique de lutte composée par un opposant en exil, d’être diffusée sur Radio Renaissance, confirmant ce premier appel. Cent cinquante officiers et deux mille soldats quittent alors leurs casernes et se mettent en route pour prendre les centres de commandement. Le coup d’Etat est en marche.

Les militaires sont ovationnés

Dans la nuit du 24 au 25 avril, les militaires rebelles, peu nombreux car le gros de l’armée est mobilisé sur le front des trois guerres coloniales que mène le Portugal, investissent la radiotélévision et les écoles militaires. A 4h26 du matin, ils s’adressent à la population par la radio, demandant aux Portugais de ne pas sortir de chez eux, avant de prendre les ministères de l’Intérieur et de la Défense puis la Banque nationale portugaise. Des groupes étudiants et des lycéens se dirigent vers le centre, où l’on ovationne les militaires.

Dans une colonne de blindés, un soldat perché sur un char interpelle une femme pour lui demander une cigarette. Si elle n’en a pas, elle transporte néanmoins des œillets qu’elle avait prévu de vendre à un restaurant, resté fermé au vu des événements. Le soldat récupère alors les fleurs et en coupe une, qu’il place au canon de son fusil.

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La vendeuse est bientôt imitée par d’autres fleuristes, qui distribuent généreusement des œillets à tous les soldats. Le coup d’Etat militaire vient de trouver son nom, aux couleurs du printemps et de la révolution : ce sera la Révolution des Œillets.

Revivez cet épisode crucial de l’histoire portugaise, raconté par Franck Ferrand :

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