Mussolini en Ethiopie : Quand l’Italie fasciste a voulu coloniser la dernière nation libre d’Afrique

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Au milieu des années 1930, Benito Mussolini offre au peuple italien un dérivatif en forme de projet : la conquête – à contretemps – du royaume d’Ethiopie.

A l’époque de la dictature de Benito Mussolini, le palais du gouvernement à Rome s’appelle le Palazzo Venezia. A la fin de l’année 1932, c’est là que le Duce convoque le général Emilio de Bono, ministre des Colonies. Fidèle parmi les fidèles du régime, cet homme de 70 ans a été successivement participant de la marche sur Rome puis chef de la police, avant de devenir ministre. « Avec l’Ethiopie, nous avons patienté quarante ans », lui dit Mussolini. « Maintenant, ça suffit. Préparez-moi un plan d’invasion. »

Envahir l’Ethiopie est un des vieux rêves de Mussolini, qui veut bâtir un empire italien digne de l’Empire Romain et des grands empires coloniaux dont les grandes puissances d’Europe se sont arrogé les droits. L’empire italien couvre déjà la Libye depuis 1911, ainsi que l’Erythrée et la Somalie depuis 1889.

L’Ethiopie a battu l’Italie en 1886

Mais entre l’Erythrée et la Somalie se trouve une pièce manquante, l’Ethiopie, où l’armée italienne avait mordu la poussière en 1986 face à l’armée de Menelik II. Membre de la Société des Nations, le pays est à son époque une des seules nations africaines indépendantes . Depuis 1930, il a également un nouvel empereur, Haïlé Sélassié, qui s’emploie à réformer le pays et moderniser son armée qui devient ainsi de moins en moins vulnérable.

Pour Mussolini, il est temps de laver l’affront causé en 1886 par cet empire millénaire et de repasser à l’offensive. Tout l’incite à agir au plus vite, notamment pour redonner un second souffle à son propre régime fragilisé. Dans les plateaux humides et les vallées très fertiles de l’Ethiopie, il veut aussi offrir un lieu d’émigration aux milliers d’italiens pauvres du Sud, de la région du Mezzogiorno.

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Fin 1932, des forces armées sont donc acheminées par cargos entiers au nord et au sud de l’Ethiopie, en passant par le canal de Suez, avec à leur tête le général de Bono. Dans la guerre qui s’amorce alors se jouent l’avenir de l’Ethiopie, et celui du fascisme.

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