Pablo Picasso revendiquait ne pas aimer la musique. Il n’a pourtant cessé de peindre des musiciens, collaborant avec Satie, Stravinsky et Falla. Ses portraits d’instrumentistes sont souvent des autoportraits qui ne disent pas leur nom – ceux d’un homme hanté par ses obsessions.
« Au fond, quand on parle d’art abstrait, on dit toujours que c’est de la musique. […] Je crois que c’est pour ça que je n’aime pas la musique », affirmait Picasso à la journaliste Hélène Parmelin dans les années 1960. Mais s’il n’aime pas la musique, elle est pourtant partout dans son œuvre.
Picasso naît à Malaga en 1881, avant de quitter l’Andalousie pour vivre successivement dans d’autres régions d’Espagne. Dès sa prime enfance, il baigne dans une ambiance musicale, dans une famille qui compte plusieurs musiciens et détient toutes sortes d’instruments. Avec son père, il découvre les corridas, spectacles quasiment autant sonores que visuels et apprécie la musique des cirques et des foires.
Picasso est fasciné par la figure du musicien
Ses premières toiles musicales mettent en scène des gitanes et des joueurs de clarinette ou de flûte. En effet, le jeune Pablo a développé un goût pour les musiques populaires espagnoles, notamment pour la tradition andalouse du flamenco. Tout au long de sa vie, Picasso appréciera ces musiques de fête propres à la culture espagnole.
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Adulte, il découvre en Espagne les cabarets et les cafés-concerts, où il écoute de la musiques et sympathise avec nombre de compositeurs. Lorsqu’il arrive à Paris, à Montmartre, il commence à fréquenter des lieux nocturnes et des communautés d’artistes dans lesquelles se développe sa fascination pour la figure du musicien.
Aux côtés de plusieurs artistes musicaux ainsi rencontrés, il fait collaborer ses œuvres plastiques avec des œuvres musicales et s’intéresse de plus en plus à des thèmes musicaux en peinture.
Franck Ferrand vous raconte cet aspect méconnu de l’œuvre de Picasso :
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