Jean-Baptiste Lully : êtes-vous vraiment incollable sur lui ?

Lully a créé l’opéra français pour Louis XIV. A partir de 1659, Versailles résonne de sa musique. La danse, autre passion du roi, est largement représentée dans ses œuvres. Lully est indissociable du baroque français.

 

Lully, compositeur emblématique du style français, est pourtant au départ… un italien

Vrai. Lully naît à Florence en 1632… dans une famille de meunier. Mais l’enfant est doué pour la musique et la danse, et la famille y voit très vite le moyen pour lui d’une ascension sociale. A 14 ans, il est recruté pour devenir le professeur d’italien de la duchesse de Montpensier, la Grande Mademoiselle, et envoyé à Paris. Ses dons artistiques sont rapidement remarqués et Lulli – puisque son nom s’écrit alors ainsi – se voit attribué un rôle dans Le Ballet Royal de la Nuit aux côtés de… Louis XIV ! Le roi danseur lui confie la direction d’un petit orchestre de violons, puis le nomme premier compositeur de la cour ! Cette ascension fulgurante est consolidée par sa naturalisation en 1661 – son nom est alors francisé en Lully – et son mariage avec Madeleine, fille du compositeur Michel Lambert, le “maître de musique de la chambre du roi”.

 

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Molière et Lully ont écrit ensemble la comédie Le Bourgeois gentilhomme

Vrai. Le talent de Molière est très apprécié de Louis XIV. Lully va nouer avec lui une collaboration fructueuse, en écrivant de la musique pour ses pièces. Plus qu’une simple musique de scène, les interventions musicales – et dansées ! – vont donner naissance à un nouveau genre théâtral : la comédie-ballet. Ainsi en est-il du Bourgeois gentilhomme, avec sa fameuse Cérémonie des Turcs.

 


Lully, « Marche pour la cérémonie des Turcs » du Bourgeois gentilhomme (Concert des Nations, dir. J.Savall)

 

Louis XIV a détesté l’opéra Atys et Lully est tombé en disgrâce

Faux. Lully crée pour Versailles une nouvelle forme d’opéra. Il s’inspire de l’opéra italien, mais en l’adaptant au goût français : texte mis en exergue dans les récitatifs, nombreux ballets grâce aux intermèdes à la fin de chaque acte, grandes machineries pour un spectacle somptueux. En 1876 est créé Atys, d’après Les Fastes d’Ovide, quatrième des 14 tragédies lyriques de Lully. Comme souvent à l’opéra, l’histoire met en scène un amour impossible entre des personnages déjà promis à d’autres. Ce genre de livret a des résonances fortes à une époque où le mariage de raison – voire d’intérêt – est la norme, surtout dans la haute société. Louis XIV lui-même s’identifie à Atys. L’opéra devient rapidement l’une de ses œuvres préférées. Cela ne peut qu’augmenter encore le prestige de Lully, déjà surintendant de la musique à Versailles et détenteur d’un monopole de l’opéra. Mais toute faveur est éphémère, surtout à la cour de Versailles. Les mœurs de Lully ne sont guère appréciées du souverain, qui finit par s’éloigner de son protégé. Il n’assiste même pas à la création de ses dernières œuvres, comme son opéra Armide.

 


Portrait de Louis XIV par Rigaud 

 

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Lully est mort après avoir reçu un coup de canne sur le pied

C’est probable. Les “maîtres à danser” dirigent à l’époque le déroulement du spectacle à l’aide d’un bâton qu’ils frappent en cadence sur le sol. D’après la légende, Lully continue de l’utiliser à la fin de sa vie, même quand il n’y a aucun élément dansé dans l’oeuvre. Lors d’une exécution de son Te Deum, Lully bat vigoureusement le tempo avec cette canne… et s’en serait par mégarde asséner un grand coup sur le pied. La blessure empire au fil des semaines, et Lully meurt de la gangrène à 54 ans.

Jean-Baptiste Lully

 

Sixtine de Gournay

 

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