Canicule : un coup d’arrêt pour l’économie française

Mourad Allili/SIPA

Alors que la France suffoque sous la chaleur, son économie ne se porte pas mieux. L’épisode caniculaire risque d’entraîner une baisse de la croissance des pays européens, et notamment de la France, qui pourrait perdre 210 milliard d’euros de PIB d’ici à 2030 selon une récente étude d’Allianz Trade. 

Pour la deuxième fois en quelques semaines, nous traversons un épisode caniculaire de forte ampleur et de longue durée. Ce ne sont plus quelques jours à plus de 30 degrés, mais une décade entière sous des températures flirtant avec les 40 degrés.

Un stress thermique éprouvant non seulement pour la santé de la population, mais aussi — et c’est nouveau — pour celle de l’économie. On ne parle plus seulement de quelques retards de train ou d’un déficit de sommeil, mais d’un véritable coup d’arrêt, hors congés estivaux.

La croissance des grands pays européens pourrait être amputée de 5 à 7 % d’ici à 2030

Comme souvent face à un nouveau phénomène, des économistes ont cherché à en modéliser l’impact. Et les conclusions des experts de l’assureur Allianz n’ont rien de rassurant, si ces canicules à répétition devaient devenir la norme.

Concrètement, la croissance des grands pays européens pourrait être amputée de 5 à 7 % d’ici à 2030 — et l’addition pourrait être encore plus lourde pour la France. La perte de PIB pourrait y atteindre 210 milliards d’euros sur la période, soit quasiment le double de ce que cela coûterait à l’Allemagne.

La production horaire pourrait diminuer de 1,10 € pour chaque degré supplémentaire

Deux raisons principales expliquent ce malus français. D’abord, c’est chez nous que la hausse des températures est la plus sensible. Le Sud de l’Europe y est habitué, le Nord encore un peu préservé.

Or, il existe un effet de seuil à partir de 30 degrés : au-delà de ce niveau, la productivité a tendance à décrocher. Selon les calculs d’Allianz, la production horaire diminuerait de 1,10 € pour chaque degré supplémentaire jusqu’à 35 degrés, et davantage encore au-delà — ce qui pèse évidemment sur l’activité et donc sur la création de richesse des entreprises.

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Le second facteur tient à la structure de notre économie. Les services et l’agriculture, plus exposés aux variations climatiques que l’industrie, y occupent une place plus importante qu’ailleurs.

De quoi peser au total sur les rentrées fiscales et creuser le déficit, alors que les dépenses publiques, elles, augmentent pour financer les soins de santé, les dispositifs d’urgence ou encore la rénovation des infrastructures inadaptées à un climat aussi chaud.

François Vidal

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