Prix du pétrole : Pourquoi l’industrie française a mieux résisté que prévu, alors qu’on lui promettait le pire

Ammar ABD RABBO- Pool/SIPA

Alors que les institutions françaises sont pessimistes sur la croissance 2026 et la révisent à la baisse, les chiffres témoignent d’un rebond de la production hexagonale ainsi que d’une réduction des émissions de CO2, de quoi nuancer les positions alarmistes.

 

La croissance a été révisée par l’Insee à 0,7% seulement, avec un chômage en hausse et une « panne sèche » de la consommation. Tout cela complique encore l’équation budgétaire du gouvernement.

La France échappe à la récession

Pour autant, ce qui est tout aussi frappant, c’est la belle résistance de l’industrie tricolore, à qui l’on promettait le pire avec l’envolée des prix du pétrole. En réalité, c’est presque le contraire : la hausse de la production industrielle devrait permettre un petit rebond de la croissance au deuxième trimestre, la France échappant ainsi à la récession grâce à l’aéronautique et l’industrie navale qui « caracolent », écrit l’Insee, avec une production en hausse de 20% sur un an au printemps.

D’une manière plus inattendue, les raffineries et surtout la chimie reprennent des parts de marché aux pays du Golfe, avec des usines qui tournent à plein régime. Plus globalement, les industriels [français] bénéficient d’un léger avantage à l’export, grâce à une inflation inférieure à la moyenne européenne.

La hausse de la production industrielle s’accompagne en outre d’une baisse des émissions de CO2

Et c’est en réalité assez logique : l’industrie se décarbone grâce à de nouveaux procédés. L’intensité énergétique de la production a baissé de 35% depuis 1990. Elle subit donc moins l’impact des chocs pétroliers. Surtout avec une électricité elle-même décarbonée.

Résultat : la production manufacturière devrait grimper de plus de 1% cette année selon l’Insee, tout en réduisant ses émissions de plus de 1% également.

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Alors attention, tout cela reste insuffisant. De nombreux secteurs, comme l’automobile, subissent de plein fouet la vague des importations chinoises. Cela montre cependant que la politique de l’offre donne des résultats, et qu’il ne faut surtout pas la détricoter, mais au contraire la compléter. Ça tombe bien, les dirigeants européens doivent se pencher ce soir et demain sur des outils plus efficaces contre la concurrence jugée déloyale.

Etienne Lefebvre

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