Bach : Connaissez-vous ces anecdotes sur lui ?

Bach, vous connaissez. Ses passions, ses concertos, ses fugues, vous avez tout écouté – ou presque. Vous regardiez la pub d’une célèbre marque de voiture rien que pour le Prélude de la Première Suite pour violoncelle seul. Mais connaissez-vous ces quelques anecdotes sur Bach ?

 

Bach a eu 20 enfants mais aucun n’a fait de la musique

Faux. Bach a bien eu vingt enfants avec ses deux épouses successives, sa cousine Maria Barbara et la soprano Anna Magdalena Wilcke. Mais la mortalité infantile est élevée à l’époque et seulement la moitié parviennent à l’âge adulte. Cinq des dix survivants embrasseront une carrière musicale. Wilhelm Friedmann (n°2), le fils aîné, s’installe à Halle. Il sera compositeur, de même que trois autres frères : Carl Philipp Emanuel (n°3) à Berlin et à Hambourg, Johann Christoph Friedrich (n°7) à Bückeburg, et Johann Christian (n°8, derniers fils qu’on appelle parfois Jean-Chrétien) à Milan et Londres. Quant à Johann Gottfried Bernhard (n°4), il devient organiste à Mülhausen.

 

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Haendel est le parrain de son fils Carl Philipp Emanuel

Faux. C’est Telemann que Bach choisit comme parrain de son fils. Les deux compositeurs ont fait connaissance vers 1706 à Eisenach, la ville où Bach est né, alors que Telemann y occupe les postes de Premier violon et de Cantor de la cour. Plus tard, Telemann s’installe à Hambourg où son filleul prendra sa succession à sa mort.
Quant à Haendel, Bach a cherché plusieurs fois à le rencontrer … en pure perte. Alors qu’il est en poste à Köthen, Bach apprend la présence de Haendel à 40 km de là, dans la ville de Halle. Mais lorsqu’il arrive sur place, Haendel est déjà reparti pour Dresde. Une dizaine d’années plus tard, Bach retente sa chance à Leipzig et charge son fils Wilhelm Friedmann de transmettre à Haendel une invitation en bonne et due forme. Celui-ci décline. S’ils sont nés la même année (1685) et semblent porter à leur musique une estime réciproque, Haendel n’est manifestement guère intéressé à rencontrer Bach !

 

Bach admire Buxtehude, mais renonce au poste d’organiste à Lübeck pour ne pas avoir à épouser sa fille

Vrai. La tradition veut à l’époque que le nouvel organiste épouse la fille du titulaire. En 1703, Haendel et son ami Mattheson se heurtent déjà à la coutume et rebroussent chemin. Manifestement ils n’avaient pas été séduits … Deux ans plus tard, Bach se rend à Lübeck pour entendre jouer Buxtehude. Il admire tant l’organiste compositeur, qu’il n’hésite pas à franchir à pied les 400 km qui séparent Lübeck d’Arnstadt où il est alors en poste ! Son absence de quatre mois sans autorisation de ses patrons, lui vaudra d’ailleurs des démêlées avec les autorités à son retour à Arnstadt. Peut-être Bach lorgne-t-il aussi le poste d’organiste en allant à Lübeck. Mais la perspective d’épouser la fille de Buxtehude le refroidit. En effet ses pensées vont déjà à sa cousine Maria Barbara, rencontrée deux ans plus tôt, et qu’il épousera en 1707 après avoir trouvé un poste d’organiste à Mülhausen.

 

 


Toccata en ré mineur, Hans-André Stamm

 

Frédéric II de Prusse le met au défi d’écrire une fugue à six voix

Vrai. Le roi Frédéric II est un mélomane. Flûtiste, il s’adonne aussi parfois à la composition. Il connaît bien-sûr la réputation de Bach, d’autant qu’il emploie son fils Car Philipp Emanuel. Il l’invite donc à Potsdam en 1847. Le compositeur a alors soixante-deux ans. Le roi lui fait essayer les clavecins et les piano-forte qu’il collectionne. Puis, d’après la légende, Bach lui propose d’improviser immédiatement une fugue à trois voix sur une mélodie que lui jouerait le monarque à la flûte. Le jeu se corse lorsque ce dernier lui réclame une fugue… à six voix. Bach hésite. A-t-il voulu laisser l’avantage au roi, en bon courtisan ? Finalement, relevant le défi, il écrit l’œuvre à son retour à Leipzig et l’envoie au souverain. Ce Riccercar à 6 voix fait partie de L’Offrande musicale, que Bach dédie à Frédéric II.

 

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Mendelssohn a tiré Bach de l’oubli où il était tombé après sa mort

Vrai. Si certains savent apprécier le génie du maître de son vivant, à l’instar de Frédéric II de Prusse, d’autres trouvent la musique de Bach rébarbative. Ceux-là lui préfèrent le “style galant”, aux tournures gracieuses et plus facilement accessibles, dont l’un des grands champions est son ami Telemann. Après sa mort, la musique de Bach est délaissée malgré les efforts de son fils Carl Philipp Emanuel. Quelques compositeurs continuent de s’y intéresser, comme Schumann, Chopin et Wagner. Mais le public a oublié Bach. En 1829, un événement marque les esprits : la Passion selon St Matthieu est donnée à Berlin sous la baguette de Mendelssohn. Suivront la Messe en si en 1833, et les Concertos pour clavier. Le public redécouvre Bach. L’engouement pour sa musique ne s’arrêtera plus.

 


Chœur initial de la Passion selon Saint Matthieu (Chœur de Chambre de Malmö)

 

Sixtine de Gournay

 

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