Beethoven : ses symphonies ont-elles encore des secrets pour vous ?

Les symphonies de Beethoven font partie des œuvres les plus jouées chaque année dans le monde entier. Le final de la Neuvième Symphonie est même devenu l’hymne européen. Mais chaque symphonie a sa petite histoire. Les connaissez-vous ?

 

 

“Pom pom pom pom”, c’est ainsi qu’on a surnommé en France le 1er mouvement de la Cinquième Symphonie de Beethoven. Mais comment l’appelle-t-on outre-Rhin ?

Les Allemands et les Autrichiens – les Anglais aussi, d’ailleurs – disent “Ta ta ta taaa”, ce qui traduit peut-être plus l’énergie de cette musique que notre “pom pom pom pom” un peu pompeux.

 

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Beethoven était sourd quand il a composé sa Neuvième Symphonie.

Les premiers signe de surdité interviennent entre 1796 et 1798. Lorsque Beethoven compose sa Deuxième Symphonie en 1802, il a déjà perdu 60% de son ouïe ! La Symphonie n°9 et son célébrissime « Ode à la joie” est créée en 1824 à Vienne. Beethoven tient la baguette… même si les musiciens suivent en fait les gestes du Kapellmeister. Car le compositeur est alors complètement sourd. Il n’entend même pas les applaudissements du public, et l’une des chanteuses doit le faire se retourner pour voir la foule en délire. Cette symphonie sera considérée par la génération romantique comme le sommet de la musique symphonique. Et le chiffre neuf pèsera comme une malédiction : il faudra attendre Chostakovich pour qu’un compositeur parvienne à achever une dixième symphonie !

 

Beethoven a-t-il voulu détruire sa Symphonie “Héroïque” ?

Beethoven compose sa Troisième Symphonie en hommage à Bonaparte. Le général corse est pour lui le champion des idées libertaires de la Révolution française. Lorsque Napoléon se fait couronner empereur, Beethoven est profondément déçu. La légende veut qu’il ait voulu, dans un accès de fureur, brûler sa partition. En réalité il modifie le deuxième mouvement et raye la dédicace, la remplaçant non sans une pointe d’humour par la mention “symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme”.

 

Il y a une marche funèbre dans une symphonie de Beethoven

Et même dans deux ! Le deuxième mouvement de la Symphonie n°3 “Héroïque” était censé être une marche triomphale (qui resservira pour le final de la Cinquième Symphonie). Beethoven y substitue une “marche funèbre” après le couronnement de Napoléon. Le deuxième mouvement de la Symphonie n°7 n’a lui pas de sous-titre particulier, mais le rythme de marche y est tout aussi présent et le caractère tout aussi triste, quoique plus grandiose. Lors de sa création en 1813, il a remporté un tel succès que l’orchestre a dû le bisser. Il a notamment servi dans le film Le Discours d’un roi de Tom Hooper, sorti en 2011.

 

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Beethoven a décrit un orage dans l’une de ses symphonies

Chacun des mouvements de la Symphonie n°6, la fameuse “Pastorale”, porte un sous-titre évocateur. Le quatrième est “Orage, tempête”. Beethoven n’est certes pas le premier à s’inspirer du déchaînement des éléments naturels : Rameau et Haydn avaient par exemple chacun suggéré un tremblement de terre, le premier dans Les Indes galantes et le second dans Les Sept dernières paroles du Christ. Cependant Beethoven ne veut surtout pas qu’on réduise sa musique à une simple description, et prend la précaution de préciser dans le programme lors de la création : “plutôt expression du sentiment que peinture”, créant ainsi une polémique chez les musicologues encore aujourd’hui !

 

Sixtine de Gournay

 

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