HAYDN Joseph – la biographie

(1732-1809 Epoque Classique

Haydn est considéré comme le père du quatuor. S’il n’a pas inventé ce genre musical, il l’a profondément modifié et modelé. Sa musique de chambre est d’ailleurs considérable. Haydn a aussi composé plus d’une centaine de symphonies, ainsi que de la musique religieuse, des sonates pour clavecin ou piano forte, des trios et des concertos pour violoncelle tardivement découverts.

 

Joseph Haydn en 10 dates :

  • 1732 : Naissance à Rohrau (Autriche)
  • 1752 : Assistant de Nicola Porpora
  • 1757 : Premiers quatuors
  • 1762 : Installation chez le prince Esterhazy
  • 1772 : Quatuors « du Soleil » op. 20
  • 1779 : L’Isola disabitata (création)
  • 1782 : Orlando Paladino (création) et rencontre avec Mozart
  • 1792 à 1795 : Dernières symphonies (98 à 104)
  • 1799 : La Création (première exécution publique)
  • 1809 : Mort à Vienne

 

D’une famille modeste, Haydn intègre la maîtrise de la cathédrale de Vienne

Ses parents exercent les métiers de charron et de cuisinière. Joseph, qui a une belle voix de soprano, devient choriste à sept ans dans la maîtrise de la cathédrale de Vienne. Il y chante jusqu’à l’âge de dix-huit ans, puis se retrouve livré à lui-même. Il gagne sa vie en jouant du violon dans les fêtes et en donnant des leçons de piano. Il fait alors la connaissance du poète et librettiste Metastase, qui le présente à Porpora. Haydn devient ainsi le secrétaire du compositeur.

 

Au service de la famille Esterhazy, Haydn dispose de son propre orchestre

Après avoir composé son premier opéra « Le diable boiteux », ses premiers quatuors et ses premières symphonies, Haydn est engagé au service du prince Esterhazy 1761, dont il devient vite le Maître de Chapelle. Il ne bougera plus de cette position pendant trente ans. Il réside au palais Esterhaza, un domaine aussi majestueux que Versailles construit au nord de la Hongrie. Il y dispose d’un orchestre de musiciens de qualité et de bons chanteurs. Ses opéras sont créés sur place, avant d’être repris dans de grandes villes. Ainsi en va-t-il de L’île déserte, sur un livret de son ami Métastase, et Orlando Paladino qui fut son opéra le plus représenté en Europe. Son Stabat Mater lui vaut aussi une grande réputation. C’est dans cette longue période plutôt confortable qu’il compose la plupart de ses symphonies, libre d’expérimenter avec son orchestre à l’abri des critiques et du public.

 

Le quatuor à cordes acquiert ses lettres de noblesse avec Haydn

Haydn a composé en quarante ans une soixantaine de quatuors, installant une forme qui devait perdurer bien après lui. Il ne cesse de faire progresser l’équilibre entre les instruments, la place du violoncelle devenant ainsi beaucoup plus importante. Les six quatuors opus 20 dits « du Soleil » ont servi à cet égard de modèle à bien des compositeurs, à commencer par Mozart et Beethoven. La rencontre avec Mozart sera décisive, incitant celui-ci à dédier à « papa Haydn » six quatuors qu’il jouera devant lui en 1785. Leur amitié ne sera interrompue que par la mort prématurée de Mozart six ans plus tard.

 


Quatuor à cordes op.20 n° 5 (Quatuor Ebène)

 

Les symphonies londoniennes sont écrites lors d’un séjour en Angleterre

Après la mort du prince Nicolas Esterhazy en 1790, Haydn part à Londres où il compose ses ultimes symphonies. On les appelle les « londoniennes ». La n°98 fut admirée par Beethoven (qui fut brièvement l’élève de Haydn), la n°104 (la dernière) fut jouée avec succès en 1795. On prête à Haydn ce mot après la création :  » Tout le monde était satisfait, et je l’étais aussi. Cela m’a rapporté 4 000 florins. Une telle chose n’est possible qu’ici en Angleterre ». A titre de comparaison, sa pension annuelle chez le prince Esterhazy était de 1 000 florins.

 

L’oratorio La Création donne à entendre le chaos avant la formation de l’univers

La première exécution publique de La Création à Vienne en mars 1799 est un grand succès. Il semble que la visite d’un observatoire anglais où il regarda l’espace au télescope, lui inspira cette œuvre chorale. La représentation du chaos qui forme le prélude est une vision étonnamment moderne de la création de l’univers (« la terre était informe et vide, et l’obscurité régnait à la surface de l’abîme »). Et le duo final d’Adam et Ève est un moment unique de bonheur amoureux, d’un lyrisme irrésistible.

Haydn ne compose plus guère pendant ses dernières années. Il reste dans sa maison viennoise, souvent visité par des admirateurs, assiste encore une fois à La Création et s’éteint en 1809 pendant l’occupation napoléonienne.

 

Ses œuvres continuent d’être jouées après sa mort, entretenant l’image du «classique viennois»

La richesse de son corpus en fait pour tous les musiciens une référence incontournable, tant pour les orchestres symphoniques que pour les ensembles de musique de chambre. Le XIXème siècle ne cesse de programmer ses œuvres dans les grandes salles d’Europe, souvent de façon fragmentée en ne jouant qu’un mouvement d’une symphonie, ou dans les théâtres pendant les entractes, ou encore comme support chorégraphique. Paris n’est pas en reste. Depuis la Révolution, Haydn est à la mode et le reste après sa mort. Certains le placent au-dessus de Mozart. D’autres, comme Stendhal, en font un précurseur de la musique romantique – ce qui est discutable, même si Brahms lui vous une grande admiration. Au XXème siècle, la Symphonie classique de Prokofiev continue de regarder vers l’immortel Haydn.

 

Philippe Hussenot

 

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