Wolfgang Amadeus Mozart

Son histoire commence par l’itinéraire d’un enfant prodige, en compagnie de sa sœur aînée Nannerl et sous la conduite de son père, Leopold, qui a certes exhibé ses enfants, mais sacrifié sa carrière musicale pour la formation de son fils. Dès son premier périple européen – sur les 35 années et quelque de sa si brève existence, il en passera dix à voyager – le tout jeune Mozart (six ans) sait tirer parti de toutes les étapes pour enrichir ses connaissances. Ces multiples influences ne l’ont jamais empêché, bien au contraire, de se sentir et d’être libre, en parfait esprit de la fin du XVIIIe siècle. Après avoir quitté sa ville natale de Salzbourg (pour Vienne) et son poste de Konzertmeister en mai 1781, il paie cher sa volonté d’indépendance en étant chassé à coups de pied, puis par une absence d’emploi stable et des dettes à répétition.

Celui qui signait ses lettres de l’anagramme Trazom, avec un humour dévastateur si bien campé dans le film Amadeus (Forman), a excellé dans tous les genres. L’art vocal bien sûr, tant profane que sacré, les sonates et fantaisies pour piano, la musique de chambre – ses « Quatuors dédiés à Haydn » lui valent la plus vive admiration de ce dernier –, les concertos – pour piano surtout, mais aussi pour violon, et divers instruments à vent (jusqu’à l’ultime Concerto pour clarinette) – et les œuvres pour orchestre, auxquelles il ne reviendra plus après l’été 1788, brève période de composition d’une véritable trilogie symphonique que Mozart n’entendit sans doute jamais.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.