Prague conserve aujourd’hui encore les traces vivantes du passage de Wolfgang Amadeus Mozart. La capitale tchèque demeure la seule ville au monde où l’on peut visiter un théâtre authentique datant de l’époque où le compositeur y était actif. L’esprit de Mozart y est toujours perceptible : on peut se promener dans des rues qui ont conservé le même aspect que lorsque le compositeur les arpentait lui-même.
Le théâtre Nostitz, aujourd’hui appelé théâtre des États de Prague, constitue un magnifique bâtiment baroque qu’il faut visiter rien que pour le plaisir de voir cette salle restée telle quelle. C’est dans ce lieu d’exception que Mozart dirigea personnellement les représentations de ses œuvres. Le 19 janvier 1787, il y donna un concert avec la première exécution d’une symphonie qu’il appela tout simplement « La Symphonie Prague ».

Le musée Mozart est situé à côté de ce théâtre, non loin de l’église Saint-Nicolas où les Pragois ont rendu hommage à Mozart lors d’une grandiose cérémonie commémorative, une semaine après sa mort, le 5 décembre 1791.
Du théâtre des États à l’Eglise Saint-Nicolas, les lieux emblématiques liés à Mozart
Le 29 octobre 1787, la première de Don Giovanni eut lieu au théâtre Nostitz. Toute la bonne société pragoise se pressait pour assister à cette création dirigée par Mozart en personne. Ce fut un succès extraordinaire. Mozart lui-même écrivit : « Je souhaitais bien que mes bons amis fussent ici rien qu’un seul soir pour prendre part à ma joie. »
Prague, surnommée la Ville Dorée, conserve d’autres traces des lieux où l’artiste est passé. La Maison des Trois Lions d’Or dans la vieille ville, place du Marché au charbon, rappelle le passage du compositeur. L’église Saint-Nicolas à Malá Strana, édifice extraordinaire visible dans une perspective saisissante depuis le coin de la place, accueillait Mozart qui venait jouer sur ses orgues.

Prague est finalement la ville d’élection du compositeur. Si l’on pense toujours à Vienne et à Salzbourg quand il est question de Mozart, c’est dans l’actuelle capitale tchèque qu’il faut aller chercher un morceau de son esprit, de son âme. Lors de sa dernière visite en septembre 1791, alors qu’il était exsangue et très affaibli, quelques mois seulement avant sa mort à 35 ans, Mozart repartit de Prague la mort dans l’âme. Le réconfort qu’il y trouvait était incomparable.
Le patrimoine de Mozart à Prague préservé
Chaque année, des événements sont encore organisés à Prague en l’honneur de Mozart. En 1984, le film Amadeus de Miloš Forman, qui remporta huit Oscars, fut tourné en grande partie à Prague, bien que l’action se déroule à Vienne. Prague avait été choisie précisément parce qu’elle était restée dans son jus, conservant l’atmosphère du XVIIIe siècle.
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Pour qui veut aller chercher l’âme de Mozart et se bercer de sa musique, il suffit de se promener avec des écouteurs dans certaines des ruelles un peu méconnues de Prague. En regardant telle fenêtre, en s’accoudant à tel rebord entièrement sculpté, on a une chance de s’installer à l’endroit même où s’était mis Mozart pour réfléchir, pour s’inspirer et pour créer.
Franck Ferrand
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