VIVALDI Antonio – biographie

(1678-1741) Epoque baroque

Violoniste et prêtre, Vivaldi a composé un nombre incalculable d’œuvres instrumentales et lyriques, des concertos pour violon, dont les célèbres Quatre Saisons, et une cinquantaine d’opéras, la plupart révélés par des recherches récentes. Sa vie garde des zones d’ombre, même si sa réputation avait gagné toutes les cours européennes sans guère le faire bouger de sa ville natale de Venise, sauf à la toute fin pour mourir à Vienne.

 

Vivaldi en 10 dates :

  • 1678 : Naissance à Venise
  • 1703 : Ordonné prêtre et engagé à l’Ospedale della Pietà
  • 1711 : L’Estro Armonico (recueil de concertos pour cordes)
  • 1712 : Stabat Mater (création dans l’église de Brescia)
  • 1716 : Juditha Triumphans (création à la Pietà)
  • 1725 : Les Quatre Saisons (édition)
  • 1727 : Orlando Furioso (création à Venise)
  • 1735 : Griselda (création à Venise)
  • 1739 : Feraspe (création à Venise)
  • 1741 : Mort à Vienne

Vivaldi apprend le violon auprès de son père, également musicien

Antonio est l’aîné d’une famille nombreuse et bénéficie de l’enseignement musical de son père, violoniste de la Basilique Saint Marc. Il va à l’école de sa paroisse et suit toutes les étapes d’une future carrière ecclésiastique souhaitée par son père, tout en développant ses compétences musicales à la Chapelle ducale, prestigieuse école de musique vénitienne du Palais des Doges.

 

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L’Ospedale della Pietà est un véritable laboratoire musical pour Vivaldi

Nommé professeur de musique dans cet orphelinat pour jeunes filles, l’année même où il est ordonné prêtre, il y passera l’essentiel de son temps, accédera à la fonction de maître de chapelle, et y composera la plupart de ses œuvres. Disposant ainsi d’un véritable laboratoire musical et d’un potentiel vocal envié, il développe son art tout en formant ses jeunes élèves jusqu’à leur faire atteindre un niveau d’excellence reconnu par ses pairs venus le visiter parfois de loin et assister aux concerts de l’Ospedale. Il crée ainsi avec succès son oratorio Juditha Triumphans, pour célébrer une victoire vénitienne sur les Turcs.

C’est une période où il compose des œuvres religieuses qui ne nous sont pas toutes parvenues, en particulier d’autres oratorios, mais on connaît son Gloria et un sublime Stabat Mater pour contralto seul. Il fera toute sa carrière, sous le surnom de « Prêtre Roux » dans ce lieu particulier de Venise, d’où il sera finalement remercié au bout de trente cinq ans.

 

Les 4 Saisons sont les plus connus de ses nombreux concertos pour violon

Ses premières compositions sont des sonates pour violon puis d’importants recueils de concertos pour cordes. Il les fait éditer à Amsterdam, insatisfait de son premier éditeur vénitien. Après les douze concertos de l’Estro Armonico, appréciés par Bach qui en transcrit certains pour clavier, ce sera Il cimento dell’armonia e dell’invenzione, qui contient Les 4 saisons. Ces quatre concertos pour violon, qui expriment chacun une saison, sont devenus rapidement célèbres en Europe… avant de tomber dans l’oubli. On ne les redécouvre que dans la seconde moitié du XXème siècle. Ils déclenchent alors un tel engouement qu’on les détourne bientôt aux fins les plus diverses : musique d’attente, publicités, fond musical pour des chorégraphies de patinage artistique ou de cirque, sonnerie de téléphone portable…


L’Hiver des 4 Saisons (Julia Fischer, Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise)

Ses opéras lui valent sa plus grande renommée, pourtant peu nous sont parvenus

C’est en 1713 que son premier opéra Ottone in villa, est représenté à Vicenza, puis l’année suivante Orlando finto pazzo au théâtre Sant’ Angelo de Venise, où seront créés ses opéras suivants, Arsilda, Regina del Ponto, ou La verita in cimento. Le succès est tel que non seulement toutes les grandes villes italiennes mais aussi les villes européennes les reprennent. Exception de Londres où Haendel monopolise l’attention. A partir de 1726 la jeune chanteuse Anna Giro devient son interprète favorite. Sa voix d’alto n’a rien d’extraordinaire mais son talent expressif et sa sensibilité contribuent à la réussite des opéras de Vivaldi. Ses spectacles lyriques sont inspirés de la mythologie et des légendes de l’antiquité, comme Orlando furioso – sujet d’ailleurs repris quelques années plus tard par Haendel dans Alcina. Griselda est créé à Venise en 1735, sur un livret de Goldoni, inspiré d’une nouvelle du Decameron de Boccace, avec la Giro dans le rôle titre. On remarque que les airs les plus spectaculaires ne lui sont pas confiés, mais sont donnés aux personnages Constanza et Ottone. Plus tard dans ses Mémoires, Goldoni racontera non sans humour son travail avec Vivaldi. Sans lâcher son bréviaire, celui-ci se montre très exigeant avec le jeune dramaturge, qui finit par le convaincre et recevoir ses félicitations. Contrairement à la mode napolitaine qui privilégie l’exploit vocal avec des castrats, l’opéra vénitien de Vivaldi défend le « dramma per musica » qui s’appuie sur le récit et la dramaturgie.

 

Le déclin et le départ à Vienne.

A partir de 1737, ses derniers opéras ne rencontrent plus le succès habituel à Venise,  et son poste à la Pietà n’est pas reconduit. Il continue cependant à composer et à proposer des opéras comme Feraspe, le dernier de ses ouvrages à être représenté à la Sérénissime. Il organise encore des concerts de prestige mais comprend que son temps est passé et décide de partir pour Vienne. Il n’y vivra que quelques mois, dans une certaine pauvreté, et décédera dans la solitude en juillet 1741.

 

 

Une redécouverte dans la seconde moitié du XXème siècle.

Comme beaucoup de ses contemporains de l’ère baroque, Vivaldi a été oublié pendant tout le XIXème siècle et jusqu’à la première moitié du XXème. Après les Quatre Saisons, devenue avec le temps une véritable scie musicale,  ses concertos pour violon sont défendus par des ensembles baroques et des violonistes comme Fabio Bondi et Giuliano Carmignola. Cécilia Bartoli a contribué à la redécouverte des œuvres lyriques de Vivaldi par son album publié en 1999, avec certains airs encore peu connus dont on ne sait pas toujours pour quels opéras ils ont été composés. Philippe Jaroussky s’est également penchés sur des airs rares du compositeur vénitien, qu’il a enregistrés avec son ensemble Artaserse en 2006. Au vu des partitions exhumées tant par les musiciens que par les musicologues, le label Naïve s’est lancé dans une édition complète des oeuvres de Vivaldi. De quoi faire encore de belles découvertes !

 

Philippe Hussenot

 

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