Antonio Vivaldi

(1678-1741) Epoque baroque

Les musiques d’attente nous ont tant asséné Les Quatre Saisons qu’on serait tenté de penser, avec Stravinsky, qu’Antonio Vivaldi a écrit quatre cents fois le même concerto… Et pourtant, la moindre page du Vénitien reste une merveille d’invention, dont l’originalité réside sans doute dans un sens inné du timbre. Né en 1678 à Venise, Vivaldi entre dans les ordres à vingt-cinq ans et rejoint l’Ospedale della Pietà, célèbre internat religieux destiné à l’éducation des jeunes filles orphelines, en qualité de maître de violon. Celui que l’on surnomme « le Prêtre roux » déploie sans tarder une intense activité de compositeur religieux (citons les célèbres Stabat Mater et Gloria), d’opéras (Orlando furioso, 1727) et surtout de musique instrumentale. C’est d’ailleurs en tant que virtuose du violon qu’il se fait connaître lors de ses voyages, lesquels le mèneront jusqu’à Prague et Dresde.

Vivaldi impose la forme du concerto soliste en trois mouvements, où brillent ses dons de coloriste. Sa musique, volontiers descriptive, se distingue par le lyrisme des mouvements lents, l’alacrité des mouvements rapides et leur panoplie d’effets pittoresques (phénomènes d’échos) présents dans ses recueils les plus célèbres (de L’Estro armonico à La Cetra). D’aucuns n’hésitent pas à le considérer comme le premier véritable orchestrateur de l’histoire de la musique. Si Vivaldi tomba dans l’oubli durant tout le XIXe siècle, les quelque 800 numéros qui composent son catalogue connaissent depuis le siècle dernier les faveurs des musicologues et du disque, faisant de lui le plus célèbre compositeur de l’ère baroque aux côtés de Bach et Haendel.