Les compositeurs – les plus brillants – ceux que l’on entend chaque jour sur l’antenne de Radio Classique ont souvent eu des vies trépidantes et des carrières hors du commun. J’ai donc entrepris de sélectionner certaines anecdotes qui peuvent faire écho à notre vie chaque jour au travail et dont nous pourrions nous inspirer.
Première histoire, celle d’un jeune Allemand né en 1685. Un certain Johann Sebastian Bach, qui à 20 ans, en 1705, entreprend de faire 400 kilomètres à pieds afin de rencontrer son idole, son maître, l’un des plus grands organistes d’Europe à l’époque, Dietrich Buxtehude. Bel exemple de détermination. Pour qui seriez-vous capable de faire 400 kilomètres à pieds ?
Dans n’importe quelle carrière, il est important d’avoir un ou plusieurs mentors – des guides, qui nous inspirent – et qui nous donnent des clefs – parfois sans s’en rendre compte d’ailleurs, pour réussir. D’où l’importance d’être entourés de gens qui nous inspirent, talentueux mais aussi méticuleux.
L’ouverture de Don Giovanni composée en une nuit
Ludwig van Beethoven aura ainsi composé une vingtaine de versions de l’Hymne à la Joie, le finale de sa 9e symphonie avant de trouver celle qui lui convenait. Un exemple d’application et de perfectionnisme au travail ! Une valeur extrêmement importante, peu importe notre métier.
Parlons à présent de procrastination, qui touche 74% des Français. C’était un mal auquel était sujet Wolfgang Amadeus Mozart qui a composé l’Ouverture de son opéra Don Giovanni en une nuit d’octobre 1787, la veille de la répétition générale de l’oeuvre entière. Les musiciens l’ont donc découverte le jour J. Certains disent même que sa femme l’a réveillé en pleine nuit pour qu’il se mette au travail. La procrastination et le travail dans l’urgence peut avoir du bon, mais seulement si l’on a infiniment de talent !
Stravinsky l’audacieux
La plupart du temps, il s’agit de travailler avec application, à l’instar de Maurice Ravel, le maudit du prix de Rome, auquel il s’est présenté cinq fois. Cinq années consécutives entre 1900 et 1905 sans jamais obtenir le premier prix ! Ce qui fit polémique à l’époque et qui contribua néanmoins à sa popularité. Être résilient, patient, et travailleur donc. Cela paie forcément.
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Enfin nous voici le 29 mai 1913, au Théâtre des Champs-Élysées. Igor Stravinsky présente son nouveau ballet le Sacre du printemps. Aïe. Ses accords dissonants accompagnés d’une chorégraphie audacieuse ne font pas l’unanimité. C’est un euphémisme puisque l’œuvre est même surnommée le « Massacre du printemps ».
L’être humain est par essence méfiant voire hostile au changement, à l’imprévisible, ce qui change de l’ordinaire. C’est évidemment valable dans le monde professionnel. Et pourtant le changement est souvent chose essentielle… Il faut croire en ses idées et en soi-même !
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