Dans un article qu’il vient de publier sur le site de la Fondation Napoléon qu’il dirige, Thierry Lentz évoque les relations entre l’empereur et la musique. L’historien revient notamment sur l’attraction qu’il exerçait auprès de Ludwig van Beethoven.
Dans son article sur le site napoleon.org, Thierry Lentz raconte le lien qui a existé entre Napoléon Bonaparte et Ludwig van Beethoven même si les deux grands hommes ne se sont jamais rencontrés. L’historien explique qu’à l’époque de l’avènement de Bonaparte, le compositeur allemand était très peu connu en France où l’on jouait plutôt de la musique française et quelques grandes œuvres « étrangères » comme celles de Luigi Cherubini, Joseph Haydn ou Wolfgang Amadeus Mozart.
Selon l’historien « Si Napoléon a probablement entendu un peu parler de Beethoven, il est peu probable qu’il ait jamais entendu une de ses œuvres ». En revanche, il semble que le compositeur allemand se soit rapidement intéressé à l’avènement du futur empereur en qui il voyait « l’homme providentiel qui parviendrait à dompter la Révolution ». Beethoven a également cherché à attirer l’attention de Napoléon par intérêt personnel car il souhaitait obtenir des fonctions importantes à Paris.
À l’origine, la 3e Symphonie Héroïque devait s’intituler Sinfonia Grande-Bonaparte
Cette stratégie de « séduction » raconte Thierry Lentz, débute avec la Sonate pour piano et violon n° 9, que Beethoven dédicaça à Rodolphe Kreutzer, rencontré chez Bernadotte (maréchal d’Empire) et que le compositeur savait très bien en cour à l’époque dans la France consulaire. Puis vint surtout la séquence de la Symphonie n° 3 dite “Héroïque“ qu’initialement Beethoven voulait dédier au Premier Consul. Un manuscrit de la main du compositeur, daté de 1804, porte même pour titre : Sinfonia Grande-Bonaparte. Mais après avoir appris, avec déception, la proclamation de Napoléon empereur, il aurait dit : « Ce n’est donc rien de plus qu’un homme ordinaire ! », et aurait alors décidé d’intituler son œuvre Sinfonia Eroïca.
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Thierry Lentz indique que ni Napoléon ni personne en France évidemment ne fut mis au courant de cette épisode de « rupture ». Mais en 1809, lors de la seconde occupation de Vienne, Beethoven chercha à nouveau à rencontrer l’empereur lorsque celui-ci logea à Hofbourg ou à Schönbrunn mais sans succès, « malgré – semble-t-il – une intervention de Cherubini ».
Napoléon était bien plus attiré par la musique de Joseph Haydn dont les messes accompagnèrent de nombreuses célébrations aux Tuileries. Sachant le compositeur autrichien malade, il fit même garder sa maison à Vienne jusqu’à sa mort en 1809 par un détachement d’honneur de la Garde impériale, afin qu’il ne soit pas dérangé.
Philippe Gault
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