Langue française : Pourquoi dit-on un « marcel » pour parler d’un débardeur ?

NANA PRODUCTIONS/SIPA

En presque toute la France, le sous-vêtement porté à même la peau, sans manches et plus ou moins échancré, s’appelle un débardeur. Mais pourquoi parle-t-on également de marcel ? 

 

Du point de vue étymologique, le terme débardeur désignait à l’origine l’homme qui effectuait le débardage dans une carrière ou une forêt, c’est-à-dire le transport de pierres ou d’arbres abattus jusqu’à l’endroit de chargement. Par métonymie, ce mot a fini par désigner le vêtement porté par ces travailleurs.

Marlon Brando dans Un Tramway nommé désir, en 1951 / MARY EVANS/SIPA

 

Mais qui est ce fameux Marcel dont on parle ? Cette appellation est une référence à Marcel Eisenberg, bonnetier établi à Roanne, capitale française de la maille. Ayant observé le succès croissant de ce maillot de corps au sein du monde ouvrier français, les établissements Marcel se mettent à le produire en masse. Le vêtement prend alors rapidement le nom de « débardeur Marcel ».

Porté d’abord par les soldats français et les vacanciers, il devient après la Seconde Guerre mondiale un véritable outil de séduction, notamment grâce à des égéries comme Marcel Cerdan ou Marlon Brando. À noter que l’appellation « marcel » reste majoritairement associée à l’usage masculin : on dira plus volontiers d’une femme qu’elle est en débardeur.

En Alsace, le Marcel devient finette

Les variations régionales et francophones viennent enrichir encore ce vocabulaire. En Suisse romande, le terme chemisette est utilisé en Valais et en Gruyère, tandis que camisole s’impose partout ailleurs dans le pays. Ce dernier terme est d’ailleurs le seul en usage au Québec et dans les provinces francophones du Canada pour désigner ce vêtement.

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En Alsace et dans une partie de la Moselle, c’est le mot finette qui prévaut. Ce terme désigne initialement une étoffe de coton dont l’intérieur est pelucheux. Par métonymie — une fois de plus —, le nom du matériau a fini par désigner le vêtement que l’on peut confectionner avec lui.

Karine Dijoud

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