L’étymologie de « merci » est passionnante : Ce mot chargé d’histoire à véhiculé toutes sortes de sous-entendus, disparus aujourd’hui. Plongez dans les origines de ce terme et découvrez comment bien l’utiliser. Est-ce que vous savez s’il faut dire « merci de » ou « merci pour » ?
Ce mot, que nous employons plusieurs fois par jour, est issu du latin merces, qui signifiait le prix. À l’origine, il désignait la somme que le vaincu devait payer au vainqueur pour se racheter. C’est précisément de là que vient l’expression « être à la merci de », c’est-à-dire lui être totalement soumis, dépendant de son bon vouloir.
Dire merci, ou je suis à votre merci, puis je vous remercie, furent d’abord des formules hyperboliques pour témoigner sa reconnaissance envers un service rendu. Ainsi, conclure une lettre par merci équivalait initialement à écrire la formule obséquieuse je suis votre humble serviteur.
Avec le temps, le mot s’est allégé de cette charge servile, et nous pouvons aujourd’hui l’employer sans aucune idée de servilité.
Merci de ou merci pour ? Les subtilités d’une formule du quotidien
L’usage de merci semble anodin, pourtant il recèle des nuances grammaticales que beaucoup ignorent. Faut-il dire merci de ou merci pour ? La règle repose sur une distinction simple : le concret et l’abstrait.
Pour des éléments tangibles, c’est-à-dire que l’on peut toucher, on emploiera merci pour : merci pour les fleurs, merci pour les chocolats. En revanche, pour des éléments abstraits, on privilégiera merci de : merci de votre gentillesse.
Une subtilité supplémentaire s’applique toutefois aux éléments abstraits : la préposition varie selon que l’action s’est déjà produite ou non. Avant que les choses n’aient lieu, on dira merci pour : ainsi, une directrice qui entame son discours pourra lancer merci pour votre attention. Une fois le discours achevé, on basculera sur merci de : merci de votre attention.
Une mise en garde : « Merci de » peut apparaître comme un ordre
Lorsque merci est suivi d’un verbe, la règle est sans exception : on emploie toujours la préposition « de ». Exemples : merci d’être venus si nombreux, merci de m’avoir écouté.
Une mise en garde s’impose enfin sur l’usage de « merci de me répondre » dans un courriel. Si cette formulation est grammaticalement correcte, elle s’apparente davantage à une injonction, voire un ordre donné au destinataire. Il convient donc de l’employer en connaissance de cause, ou de lui préférer une tournure plus courtoise.
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Les mêmes règles s’appliquent au verbe remercier. Suivi d’un verbe, on utilisera toujours la préposition de : « je vous remercie de m’avoir soutenu ». Suivi d’un nom, la logique concret/abstrait reprend ses droits : je vous remercie pour les fleurs (élément tangible), ou je vous remercie de votre amabilité, une fois celle-ci manifestée.
Karine Dijoud
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