Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les mots latins sont partout dans notre quotidien. Découvrez l’origine parfois méconnue de ces mots très utilisés.
Mettons-nous en situation. Le matin, vous vous dirigez vers votre lavabo, puis vous ouvrez votre agenda. En ouvrant votre boîte aux lettres, vous pouvez trouver des prospectus. Plus tard, en consultant vos courriels, vous recevrez peut-être quelques CV, puis écouterez la radio en espérant ne pas entendre le discours d’un olibrius. Pour déjeuner, vous retrouvez votre alter ego pour faire votre mea culpa afin de ne pas être persona non grata.
Passons en revue tous ces mots latins. Lavabo est un verbe latin, conjugué au futur, qui resté tel quel. Il signifie « je laverai ». Ensuite, vous avez l’agenda, qui veut dire en latin « les choses devant être faites ». C’est d’ailleurs typique du latin, car il s’agit d’un gérondif neutre pluriel. Le terme prospectus est aussi resté intact : il désigne en latin le fait de regarder.
Olibrius vient d’un nom propre
Poursuivons avec le CV, le Curriculum Vitae : du verbe currere, « courir » il se traduit par la carrière, et vitae, « de la vie ». Littéralement, c’est « la carrière de la vie ». Un olibrius, c’est un homme sot et prétentieux, importun par son comportement bizarre et ridicule. Cela vient d’un nom propre, Olybrius, porté par plusieurs personnages dans l’histoire, dont un gouverneur d’Antioche qui a persécuté Sainte Marguerite.
L’alter ego signifie de manière littérale « un autre moi ». Il est composé de l’adjectif alter : « l’autre de deux », contrairement à alius qui signifie « l’autre parmi plusieurs personnes » et de ego, « moi », qu’on retrouve dans les adjectifs égoïstes et égocentriques.
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Faire son mea culpa, c’est reconnaître ses erreurs, dire « c’est ma faute ». On peut même dire maxima culpa, « c’est ma très grande faute ». Enfin, être persona non grata, c’est ne pas être le bienvenu. Dans le langage diplomatique et juridique, cette expression est souvent réduite à son sigle PNG.
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française