Chaque jour, la langue française est bousculée, déformée, parfois même défigurée — à l’oral comme à l’écrit. Voici une liste non exhaustive de mots et d’expressions souvent maltraités, relevés aussi bien dans les copies d’élèves que dans la bouche d’adultes avertis.
1 – « Quand même » transformé en « comme même », une erreur phonétique
Certaines fautes trouvent leur origine dans une mauvaise retranscription des sons entendus à l’oral.
La locution « quand même » est de plus en plus souvent écrite comme même. Une déformation phonétique qui, partie du langage parlé, s’est progressivement installée dans les écrits.
2 – « Un peu près » au lieu d’ « à peu près », une confusion avec « un peu »
Dans le même registre, on dirait se voit parfois transcrit en un seul mot, endirait, tandis qu’à peu près est régulièrement remplacé par un peu près, par confusion avec la locution un peu.
3 – Quand quelqu’un se transforme en quinquin
Autre curiosité : le mot quelqu’un, dont la finale semble avoir « déteint » sur le début, donne lieu aux formes quelquin, voire quinquin.
Certaines erreurs relèvent, elles, d’une confusion entre termes proches.
4 – « Il a marié Élise » ne se dit que si on parle d’un maire !
Le verbe marier est ainsi de plus en plus employé à la place d’épouser. On entend désormais couramment « il a marié Élise » pour signifier « il a épousé Élise ». C’est probablement un anglicisme, calqué sur la tournure to marry somebody. Cette formulation existait autrefois dans le langage rural : « il a marié la Denise ». Elle n’est donc pas dénuée d’un certain charme, à condition d’être replacée dans son contexte et son époque
5 – « Il m’a insulté d’idiot », une faute de français issue d’une confusion
De même, le verbe insulter tend à supplanter traiter de : on entend ainsi « il m’a insulté d’idiot » en lieu et place de « il m’a traité d’idiot », par confusion entre les deux tournures.
6 – Certains se trompent en écrivant « il a eu tord » (sic)
L’orthographe n’est pas en reste. Le mot tort — comme dans « il a eu tort de la laisser » — est fréquemment écrit avec un d, par analogie avec le verbe tordre conjugué à la troisième personne du singulier.
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Les deux formes sont historiquement liées : tort et tordre sont tous deux issus du latin torquere, signifiant « tordre ». Les mots dérivés de ce verbe s’écrivent tantôt avec un t (tort, torture), tantôt avec un d (tordre), voire avec un s (l’adjectif retors). Une illustration supplémentaire des « facéties » de l’orthographe française.
Karine Diioud
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