Langue française : Ces 3 anglicismes envahissants qui peuvent être facilement remplacés

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Le français est une langue vivante et ce qui prouve sa vivacité, justement, c’est qu’elle peut s’enrichir d’apports d’autres langues. Il est toutefois regrettable de voir des expressions étrangères – qui sont souvent anglaises – prendre la place de mots français qui étaient déjà là, bien ancrés et déjà porteurs de sens.

Commençons par un mot très souvent employé par les journalistes et dans les entreprises : « impacter » . Le mot impact désigne en français le choc d’un projectile ou la trace qu’il laisse. Mais un verbe a été créé, impacter, qui figure désormais dans les dictionnaires.

Toutefois, il est qualifié d’anglicisme dans Le Robert et de familier dans le Larousse, ce qui prouve bien qu’il vaut mieux l’éviter. Dans ce cas-là, il désigne : « avoir une incidence, des répercussions sur ». Si nous souhaitons éviter les anglicismes, autant employer justement les définitions précises. Au lieu de dire : « son passage à la télévision a impacté les ventes de son livre », autant dire « son passage à la télévision a eu une incidence sur les ventes de son livre » ou alors « a eu des répercussions sur les ventes ». On pourrait dire aussi « a relancé les ventes ». 

Remplaçons digital par numérique

Qu’en est-il de « faire sens » ? On entend parfois « son argument fait sens », mais la forme est incorrecte. Il faudrait dire « ça a du sens », ou, plus joli, « c’est porteur de sens ». L’expression « faire sens » vient de l’anglais to make sense.

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Terminons par le mot « digital ». C’est bel et bien adjectif français qui vient du latin digitus, qui signifie « le doigt ». Il désigne logiquement tout ce qui est relatif aux doigts, comme les empreintes digitales. En anglais, digit signifie « chiffre » car on comptait sur ses doigts. L’adjectif anglais digital veut dire « relatif au nombre », mais en français, mieux vaut parler de numérique. On dira donc un réveil ou une montre à affichage numérique, et non pas digital.

Karine Dijoud

 

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française