Langue française : Ces fautes qui deviennent des règles

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En français, les erreurs doivent être corrigées, mais il existe des fautes qui sont entrées dans le dictionnaire, parfois pour des raisons très cocasses.

Le mot événement se prononce « év-è-ne ment » mais s’écrit bien avec deux accents aigus ! C’est surprenant et illogique, surtout quand on prend le mot « avènement » qui fait partie de la même famille. Il viennent tous les deux du verbe latin evenire, et pourtant, « avènement » a bien un accent grave.

J’adore cette anecdote : c’est dû… à un caractère d’imprimerie ! En 1740, la troisième édition du dictionnaire de l’Académie française doit sortir, mais l’imprimeur n’a pas fait couler assez de caractères en plomb. Il manque notamment des « è ». Cela ne lui a pas causé trop de difficultés, il les a remplacé par des « é » !

Nénuphar ou nénufar ?

C’est seulement en 1979 que l’Académie française a accepté l’autre graphie, donc « è » qui est respectueuse de la phonétique et de la logique. Aujourd’hui, les deux graphies, « événement » et « évènement » coexistent, et on peut choisir.

Passons au mot nénuphar, qui a fait beaucoup couler l’encre au moment de la réforme de l’orthographe.  Il s’agissait de l’écrire « nénufar », avec un « f ». Beaucoup de personnes se sont insurgées, et pourtant tous les dictionnaires ont écrit « nénufar » jusqu’en 1935. Pourquoi un changement aussi tardif ? Là aussi, c’est dû à une erreur.

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L’Académie française avait décidé de réattribuer un « ph » au nénuphar pour l’étymologie grecque. Or ce mot ne vient pas du grec ancien, mais de l’arabe ! Il aurait dû conserver son « f ». Désormais, les deux graphies sont possibles.

Karine Dijoud

 

 

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française