Langue française : 4 expressions courantes souvent malmenées

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Voici 4 expressions qui sont fréquentes, mais souvent sujettes à confusion. Même si le français est en constante évolution, faisons le point sur l’usage de ces formules. 

Quand faut-il employer « à l’attention de » et « à l’intention de » ? Vous faites un cadeau « à l’intention » de quelqu’un. Cette formule signifie « pour », « en l’honneur de ». En revanche, comme son nom l’indique, « à l’attention de » s’emploie lorsqu’un document est soumis à l’attention de son destinataire. « Elle a envoyé sa candidature à l’attention du directeur ». 

Passons à l’orthographe d’une expression très courante : « Sens dessus dessous ». Même si on ne prononce pas le s de « sens », cela s’écrit bien avec un « e ». On le comprend quand on réfléchit au sens de l’expression. Mettre sens dessus dessous signifie qu’on retourne tout, ainsi ce qui était dessus se retrouve dessous et inversement.

Un sujet d’actualité « n’interpelle » pas

Le verbe « interpeller » est lui aussi souvent malmené. Il signifie : « adresser la parole brusquement à quelqu’un pour lui demander quelque chose ». C’est une synonyme d’apostropher. Or, on entend de plus en plus un sens fautif qui ne correspond pas du tout à ce verbe, celui de « susciter l’intérêt ». Mais on ne peut pas dire que « ce sujet d’actualité m’interpelle ».

On pourrait lui préférer : « ce sujet d’actualité suscite mon intérêt ». J’en profite pour rétablir une précision orthographique. Interpeller s’écrit à l’infinitif avec deux « l », contrairement à appeler. Mais la réforme de l’orthographe suggère de ne mettre qu’un « l », ce qui est bien plus logique quand on se penche sur la prononciation d’« interpeller ». Le français n’a pas fini d’évoluer.

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Voici un dernier exemple : « bon an, mal an ». L’expression est souvent employée dans le sens de « tant bien que mal ». Or elle signifie : en faisant la moyenne des bonnes et des mauvaises années. Par exemple, « bon an mal an, il parvient à s’en sortir financièrement avec son commerce ».

Karine Dijoud

 

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