Dans les années 90, le mot cool était dans toutes les bouches. C’était un Graal : réussir à être cool, à faire des choses cool. Réussir un examen, c’était cool. Avoir une soirée réjouissante en perspective, on savait que ce serait cool. Ce mot anglais, synonyme de liberté et d’attitude décontractée, a longtemps régné en maître dans le langage des jeunes.
« Cool » a des origines musicales, et précisément jazzy
Apparu en français aux alentours de 1970, l’adjectif cool signifie littéralement « frais ». Il est d’abord propre aux musiciens de jazz. Le saxophoniste Charlie Parker intitule l’un de ses morceaux Cool Blues — « blues frais » — par opposition au registre hot, le « chaud ».
Le trompettiste Miles Davis s’approprie à son tour le terme et lui associe une notion de style détendu. Le mot s’invite progressivement, au cœur des années 1970, dans le langage des jeunes de l’époque.
« C’est trop cool » : L’âge d’or des années 90
Dans les années 1990, cool devient l’adjectif favori des jeunes Français. Son sens se dilue et s’élargit : il se fait synonyme de bon, d’agréable, remplaçant des termes comme sympa ou chouette. On entend alors fréquemment c’est trop cool, où le trop vient remplacer le très : une tournure hyperbolique caractéristique de l’époque.
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Aujourd’hui, cool s’est presque effacé du vocabulaire courant. Il surgit encore spontanément chez ceux qui l’employaient dans leur jeunesse, mais les nouvelles générations lui préfèrent d’autres formules : c’est incroyable pour marquer l’enthousiasme, ou c’est une dinguerie chez les plus jeunes. Une évolution qui rappelle que le langage, lui, n’est jamais vraiment cool, il est surtout vivant.
Karine Dijoud
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