« Moi je », « nous on »… évitez ces formes d’insistance égologiques !

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« Moi je », « nous on », « personnellement » : il s’agit de formes d’insistance sur l’égo qui sont devenues des tics de langage dans la plupart des discussions.

Faire précéder le pronom « je » du pronom tonique « moi » peut être un effet de style. Par exemple, Victor Hugo écrit dans son recueil de poèmes intitulé La légende des siècles : « Vous êtes les lions, moi je suis Dieu ». Il s’agit quand même de Dieu !

Mais il y a chez nos contemporains une exagération de ce procédé qui est devenu un tic de langage : cela consiste à mettre un peu trop de « moi je », de « toi tu », de « lui il », ou encore de « nous on »

« Nous sommes venus à pied », tout simplement

Mieux vaut dire « je suis d’accord avec vous » que « moi je suis personnellement d’accord avec vous ». Ou encore « nous sommes venus à pied » plutôt que « nous on est personnellement venus à pied » – d’autant que l’on est plusieurs.

Comme l’a dit le philosophe Blaise Pascal, le « moi » est haïssable, et châtions le « personnellement ». Ne vous rassurez pas trop avec des formes d’insistance égologiques !

Marc Lambron

Retrouvez sa chronique « Et si on parlait français ? avec l’Académie française » du lundi au vendredi à 7h20
Le livre Dire ou ne pas dire, du bon usage de la langue française, est publié aux éditions Philippe Rey

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