Langue française : « à l’attention de » ou « à l’intention de », connaissez-vous la différence ?

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Aujourd’hui, évoquons le bureau, son langage, ses mails et la langue française qu’on y malmène parfois sans s’en rendre compte. Prenez garde surtout aux expressions : « à l’attention de » ou « à l’intention de », qui peuvent trahir une méconnaissance du bon usage du français.

Délivrer les résultats, un anglicisme malvenu dans les open-spaces

Commençons par un tic très répandu, qu’on entend dans cet exemple : « On va vous délivrer le résultat d’ici vendredi. » Le terme « délivrer » vient du monde des affaires et a gagné le domaine politique. Mais c’est évidemment un anglicisme, un calque de l’anglais to deliver.

En français, « délivrer » veut dire libérer quelqu’un ou remettre un document officiel. On délivre un prisonnier ou un passeport. Pour un résultat, un projet ou un document, on dit simplement « livrer » ou « fournir ».

« Je suis intéressé de faire cela », attention à cette faute de français !

Une autre tournure a attiré l’attention d’un auditeur de Radio Classique : « Je suis intéressé de faire cela. » Cela ne va pas du tout. Le verbe « intéresser » doit être suivi de la préposition « par ». La construction « intéressé de » ou « intéressé à » ne se justifie pas.

On dira donc : « Je suis intéressé par ce projet » ou bien : « J’ai envie de faire cela. »

« A l’attention de » et « à l’intention de », l’astuce pour ne jamais se tromper

Terminons avec une autre question d’auditeur, qui demande de rappeler la différence entre « à l’attention de » et « à l’intention de ».

Il est toujours bon de rappeler ceci : « à l’attention de » s’emploie pour indiquer le destinataire d’un courrier. Sur une enveloppe, on écrira donc : « À l’attention de Monsieur le Directeur. »

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« À l’intention de » signifie qu’on fait quelque chose pour quelqu’un, dans son intérêt. On parlera, par exemple, d’un cadeau à l’intention de son collègue.

Karine Dijoud

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