Une auditrice de Radio Classique nous a écrit pour savoir quelle était l’origine de « na », une expression enfantine aujourd’hui un peu oubliée. Manifestation d’une défiance, ce mot d’antan est bien connu des cruciverbistes et des fléchistes, autrement dit, les amoureux de mots croisés ou de mots fléchés.
On se souvient tous de ce mot, « na », et pourtant, on constate, en l’évoquant, qu’il a disparu. En réalité, c’est la version courte d’un mot plus long et plus musical : « nananère ».
« Nananère » se chante toujours sur les mêmes quatre notes, sol, mi, la, sol, celles qu’on utilise pour narguer quelqu’un dans une cour de récréation.
Son origine est tout simplement l’onomatopée « la la la », bien pratique pour fredonner un air sans paroles. « La la la » devient « lalalère », puis, par un jeu de sonorités enfantines, « nananère », puis le « na » tout seul. C’est donc la version brève et boudeuse de cette petite comptine, plutôt moqueuse.
Na, issu d’un patrimoine enfantin universel
Ce « na », ou « nananère », est à la fois un signe de victoire et de caprice. Cette interjection indique qu’on a eu le dernier mot, souvent avec une pointe d’insolence assumée. Et le plus charmant, c’est qu’elle traverse les langues sous d’autres formes. Les anglophones disent « na na na-na boo-boo », sur un air très proche, en quatre notes lui aussi, et on la retrouve même dans la chanson américaine, avec des airs moqueurs très semblables. C’est une sorte de patrimoine enfantin universel.
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On peut encore l’entendre quand on lit des contes ou des histoires pour enfants, mais, dans les faits, ce n’est plus une tournure vraiment employée, pas plus que le « na ». Aujourd’hui, on entend plutôt les jeunes et les adolescents dire « cheh », l’équivalent de « bien fait ».
Karine Dijoud
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