Intéressons-nous aujourd’hui à ces mots qui meublent notre salon. Canapé, rideau, coussin, lustre, leur origine est parfois millénaire.
Le canapé est né dans l’Egypte ancienne
Commençons par le canapé. On s’y prélasse le dimanche sans se douter que le mot vient du grec kônôpeion, qui désignait un lit à baldaquin entouré de moustiquaires dans l’Égypte ancienne.
Alain Rey, dans son Dictionnaire historique de la langue française, rappelle que le mot est passé par le latin conopeum, qui signifie « moustiquaire », avant d’entrer en français au XVIIe siècle pour désigner d’abord une sorte de lit de repos.
Nous sommes donc passés du lit à moustiquaire au canapé trois places que nous connaissons aujourd’hui.
Les rideaux, un mot qui a traversé les siècles pour investir nos salons et nos expressions
Le mot vient du francique rida, qui désignait une simple toile tendue, une pièce d’étoffe. Le Littré fait remonter le mot à cette origine germanique, commune à plusieurs langues du nord de l’Europe.
À l’origine, rien de décoratif : c’était un objet purement fonctionnel. Pourtant, le mot a traversé les siècles pour habiller nos fenêtres, les scènes de théâtre et même nos expressions. Ainsi, tirer le rideau sur une affaire, c’est la clore définitivement.
L’anatomie a donné son nom au coussin
Et le coussin, alors ? Son étymologie est particulièrement intéressante. Le mot vient du latin coxinum, dérivé de coxa, qui signifie « hanche ». On retrouve d’ailleurs coxa dans le mot coxalgie, qui désigne une douleur de la hanche.
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Le coussin, c’était littéralement ce qu’on glissait sous la hanche pour s’asseoir sans souffrir. Le lien entre le corps et l’objet est fascinant : ici, c’est l’anatomie qui a donné son nom à un élément du mobilier.
Le lustre purifie par la lumière
Enfin, levons les yeux vers le plafond avec le lustre. Le mot vient, là encore, du latin, à partir du verbe lustrare, qui signifie « illuminer », mais aussi « purifier par la lumière ». Le lustrum, dans la Rome antique, était d’ailleurs une grande cérémonie de purification collective qui avait lieu tous les cinq ans.
Karine Dijoud
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