Avec la mort d’Édouard Balladur, c’est une page de la Ve République qui se tourne. Emmanuel Macron a rendu hommage à un « serviteur exigeant, mesuré, dévoué ». L’ex-président Nicolas Sarkozy a quant à lui partagé sur les réseaux sociaux son « profond chagrin ». Nicolas Bazire a été son directeur de cabinet à Matignon, puis son directeur de campagne pour la présidentielle de 1995. Il témoigne en exclusivité pour Radio Classique.
Nicolas Bazire au micro de Laurie-Anne Toulemont :
« Édouard Balladur, c’était d’abord un homme d’État, au sens plein, qui réagissait surtout sur le fond des choses. Il avait par exemple une pensée libérale qui l’avait nourri de beaucoup de réflexions. D’ailleurs, il avait été chef d’entreprise, on ne le dit pas beaucoup.
Cette pensée libérale, ce n’était pas des mots. Il prenait des mesures, il faisait voter des lois, il a privatisé, il a baissé les impôts dans une période qui était pourtant difficile. Il avait mis en action ses principes.
Édouard Balladur, un personnage atypique d’une très grande élégance
Édouard Balladur n’était pas non plus un homme politique ordinaire, puisque tout ça était appuyé sur une profonde culture, et notamment une culture historique. Il connaissait à peu près toute l’histoire de France et de l’Europe, et quand il réfléchissait à sa politique, il la mettait en perspective, quelquefois avec des références qui étaient fort anciennes. Tout cela donnait un personnage un peu atypique.
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Je dirais que c’était un homme d’une très grande élégance, à la fois physique et morale. J’ai eu l’occasion de le voir très régulièrement, depuis 30 ans. Il était passionné par la politique, avec un œil souvent critique, acerbe, toujours drôle. Il avait beaucoup d’humour. Et il continuait à écrire, il était en train de préparer un livre. Il n’aura pas pu le finir… »
Propos recueillis par Laurie-Anne Toulemont
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