Le narcotrafic a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années en France. Meurtres, règlements de compte, menaces sur les élus, voitures piégées : le phénomène, autrefois cantonné aux grandes métropoles, étend désormais ses tentacules jusque dans les villes moyennes. Un fléau colossal qui rapporte 7 milliards d’euros par an et représente près de 70 % de la criminalité organisée dans le pays.
En deux ans, les saisies de cocaïne par les autorités françaises ont été multipliées par quatre. Nous sommes sur la même proportion pour les drogues de synthèse, et quant au cannabis, sa vente structure toujours la criminalité dans les cités françaises.
Le marché de la drogue représente un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros par an. Les infractions liées à la drogue constituent près de 70 % de tout ce qui entre dans le champ de la criminalité organisée.
Il y a eu plus de 200 morts en deux ans
En effet, le deal s’accompagne de vols, de recels, de troubles à l’ordre public, de violences extrêmes, on va jusqu’à parler de « narcomicide ». En deux ans, plus de 200 morts et 650 blessés. Sans compter une chaîne pénale saturée : services d’enquête, tribunaux, prisons. C’est l’embolie de tout un système.
Le narcotrafic est donc devenu un problème majeur. L’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau disait même que le narcotrafic est « la mère de toutes les batailles ». Son successeur place Beauvau, Laurent Nuñez, parle d’une « guerre » menée avec détermination, sans relâche.
Le maire d’Alès a reçu une enveloppe de la DZ Mafia avec deux balles de 9 mm
On a encore vu cette semaine les effets très concrets de cette guerre. Dans la ville d’Alès, sous-préfecture du Gard, le maire a reçu dans sa boîte aux lettres une enveloppe signée de la DZ Mafia, une organisation criminelle marseillaise. À l’intérieur : deux balles de 9 mm.
Mardi, sa famille et lui ont dû être exfiltrés du domicile en pleine nuit par le RAID. Une voiture piégée avait été placée devant la maison. Dans cette ville tranquille de 45.000 habitants, la mafia marseillaise veut s’implanter, afin de faire prospérer son macabre business. Les autorités tentent bien sûr d’enrayer cette machine infernale, et le maire, comme souvent, se retrouve en première ligne.
Les élus locaux sont la première cible des narcotrafiquants
À Échirolles ou Fontaine, dans l’Isère, à Montpellier, dans l’Hérault, ou à Marseille, les élus locaux sont partout pris pour cible par ces criminels anonymes. Les villes moyennes ne sont plus épargnées, et bientôt les petites villes aussi seront gangrenées par le commerce de la drogue.
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Le narcotrafic ne fait pas de politique. Qu’importe l’étiquette du maire en question, de droite, de gauche, du centre, s’il lutte contre le narcotrafic, il se fera malmener.
C’est peut-être le seul motif d’espoir au milieu de ce tableau bien sombre : toute la classe politique est unanime et affirme qu’il faut à tout prix guérir de ce fléau. De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, tous ont d’ailleurs apporté leur soutien au maire d’Alès. C’est heureux, parce qu’il faudra s’armer de beaucoup de détermination et de beaucoup de moyens pour venir à bout des mafias de la drogue.
Richard Flurin
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